A Amiens, les nouveaux bus électriques sont KO à cause du gel

Les températures trop basses dans la Somme empêchent ces derniers jours les bus d’Amiens de démarrer. Pour les usagers comme pour l’exploitant, la transition énergétique se fait dans la douleur.

 Les usagers du réseau de bus d’Amiens (Somme) doivent patienter ces derniers jours  dans le froid, une partie de la flotte électrique étant bloquée.
Les usagers du réseau de bus d’Amiens (Somme) doivent patienter ces derniers jours dans le froid, une partie de la flotte électrique étant bloquée. PHOTOPQR/Le Courrier picard/Fred Haslin

Les 45 000 usagers quotidiens des transports de bus Ametis d'Amiens (Somme) devront patienter au moins jusqu'au milieu de la semaine prochaine pour retrouver un trafic normal. En cause, les températures trop hivernale s de ces derniers jours qui empêchent une très grande majorité des 43 bus électriques, baptisés Nemo en hommage à Jules Verne, de démarrer…

« Il y a du gel dans les bouteilles d'air qui se trouvent sous les véhicules et qui alimentent les systèmes de frein, précise Eric Patoux, le directeur de Kéolis, gestionnaire du réseau. Le dysfonctionnement des capteurs met des alarmes en route et cela bloque le démarrage. » Du personnel du constructeur espagnol Irizar est sur place ainsi que des spécialistes du système pneumatique venus de Belgique. « En tout, près de dix personnes, assure Eric Patoux, qui testent un système de purge pour faire fondre la glace due à la condensation et changer les capteurs qui sont au contact des bouteilles d'air. »

Des jours pour remettre la flotte en état

Aux dernières nouvelles, le test serait efficace. Vendredi matin 12 février, sept bus circulaient. Ils étaient neuf dans l'après-midi, contre trois seulement jeudi. Reste qu'en comptant près de cinq heures d'intervention par engin, plus des tests et le temps de charge, il faudra plusieurs jours pour remettre la flotte opérationnelle : « Nous n'avons aucune visibilité. C'est désespérant pour nous, les conducteurs, les usagers », reconnaît Eric Patoux, qui garde cependant la tête froide.

« Nous avions également un problème de température dans les bus qui ne pouvait pas dépasser les 8-10 °C, cela a été résolu. Ce n'était pas possible de conduire longtemps dans ces conditions pour les chauffeurs, ni d'être transportés pour les usagers… »

Ces bus électriques, à 800 000 euros pièce hors taxes, ont été inaugurés en mai 2019. Mais les incidents n'ont pas tardé à se succéder. Au début, il y avait les pannes de batteries, de chargement… « Il n'y a pas une semaine sans souci, se désole et s'exaspère à la fois Alain Gest, président d'Amiens Métropole. Il y a toujours deux, trois, Nemo en panne. Les gens ne le voient pas car ils sont remplacés par des bus traditionnels. Mais là, vu le nombre, on ne peut rien faire. »

Des bus 100% électrique et 100% français, avec des batteries conçues en Bretagne

«Les gens attendent près de 30 minutes dans le froid»

L'élu a envoyé une lettre recommandée à la direction d'Irizar demandant un rendez-vous rapide. Il a dressé la liste de tous les dysfonctionnements, dont certains signalés et non encore résolus depuis plusieurs semaines. Il réclame aussi un engagement écrit sur ce qui doit être fait : « Au début, on savait qu'il y aurait des soucis, car nous sommes les premiers à avoir mis en place une telle flotte électrique. Mais, maintenant, ce n'est plus possible. Les bus doivent passer toutes les dix minutes. Là, les gens attendent près de 30 minutes dans le froid. On s'excuse auprès d'eux », rappelle Alain Gest.

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Les usagers sont informés par SMS. Certains se sont tournés vers d'autres moyens de transport : voiture, marche… faisant tomber le nombre de passagers à 25 000 par jour. L'heure est à la colère ou à l'ironie grinçante, notamment sur les réseaux sociaux : « L'électrique, c'est fantastique », « On devrait tricoter des pulls pour ces pauvres Nemo », « Remettez nous les anciens bus »… D'autres se plaignent des bus « blindés » en ces temps de pandémie de Covid-19 ou encore réclament la création d'un tramway, idée qui avait été abandonnée par la municipalité centriste au profit des bus électriques.