Epargne : assurance vie, livret A, PEA… comment placer son argent en 2021

Livret A, LDDS, PEL, PER, Assurance vie, PEA, Bourse… Tour d’horizon des possibilités d’épargne. Nos conseils.

AbonnésCet article est réservé aux abonnés.
 Le livret A, support préféré des Français, reste peu profitable avec un taux d’intérêt éminemment bas, à 0,5 %.
Le livret A, support préféré des Français, reste peu profitable avec un taux d’intérêt éminemment bas, à 0,5 %. LP/Olivier Arandel

Prudence ou prise de risques? Dans un contexte économique encore très instable, la manière de placer son argent devrait, ces prochains mois, relever du numéro d'équilibriste. Après une année 2020 record pour l'épargne, atteignant environ 20 % du budget des particuliers, l'imprévisibilité de 2021 devrait encore inciter les Français à mettre de côté des noisettes. Deux choix s'offrent : la sécurité sans rentabilité, ou le risque possiblement profitable. Tour d'horizon de vos possibilités.

Des placements sûrs… mais peu de rendement. Les « placements refuges », livret A et LDDS, exonérés d'impôts et de prélèvements obligatoires, devraient encore être plébiscités en 2021 après avoir drainé 35 milliards d'euros supplémentaires l'année dernière. Le livret A, support préféré des Français — 8 sur 10 en ont un — reste peu profitable avec taux d'intérêt éminemment bas, à 0,5 %. « Placez jusqu'à trois mois de salaires, par précaution. Si vous n'avez aucun doute sur votre emploi et assez de visibilité, il ne paraît pas pertinent d'atteindre le plafond de 22 950 euros », conseille Philippe Crevel, directeur général du Cercle de l'épargne. Quant au Livret de développement durable et solidaire (LDDS), avec son plafond de 12 000 euros, il est à peine plus rentable, avec un taux d'intérêt de 0,75 %. « Ce ne sont pas des placements d'avenir, mais ils sont liquides, vous pouvez retirer l'argent quand vous le voulez. Ça peut être rassurant en cette période de crise. Il faut les utiliser pour avoir un matelas, sans en abuser », note Rodolphe Brunon, conseiller en gestion de patrimoine et fondateur du cabinet Links Capital Management.

Evitez le PEL. Si vous n'avez pas de « vieux PEL », ouvert avant 2011, évitez d'en souscrire un. Le plan épargne logement, au rendement d'1 % par an seulement, est fiscalisé à 30 % (17,2 % de prélèvements sociaux, 12,8 % d'impôt sur le revenu), et bloqué pendant au minimum quatre ans. « Ce n'est pas le meilleur placement… Les anciens, eux, n'ont que les prélèvements obligatoires et des taux d'intérêt aux alentours de 3,5/4 %, précise Philippe Crevel. Là, vous avez intérêt à placer de l'argent dessus si le plafond de 62 000 euros n'est pas atteint. »

Et foncez sur le PER. Le nouveau Plan épargne retraite, lancé en octobre 2019, reste une manière efficace de préparer l'après vie active. Comme l'assurance vie, il allie sécurité, avec des fonds euros, et risques, avec des unités de compte. Avec un PER, vous ne pouvez en revanche choisir de récupérer votre placement — sous forme de rente ou de capital —, qu'à votre passage à la retraite. « Mais vous avez une carotte fiscale intéressante », relève Rodolphe Brunon. A la souscription, vous avez, en effet, la possibilité de déduire vos versements de votre revenu imposable, dans la limite de 10 % de celui-ci. Dans ce cas à la sortie, les gains seront taxés au prélèvement forfaitaire unique (PFU) de 30 %, et le capital encaissé soumis à l'impôt sur le revenu. Si vous renoncez à la déductibilité à l'entrée, seul le PFU s'appliquera au moment de votre passage à la retraite.

Une assurance vie, oui, mais avec du risque. Avec un encours frôlant 1,8 milliard d'euros en France, elle séduit toujours les ménages français, malgré un rendement en fonds euros faible « entre 1 et 1,20 % cette année », prévoit Philippe Crevel. Les assureurs poussent l'épargnant à diversifier son portefeuille avec des unités de compte, plus risquées. « Cela peut monter à 30, 40 voire 50 % de la somme investie, souligne Rodolphe Brunon. Pour prendre moins de risques, vous pouvez étaler dans le temps vos investissements en unités de compte, sur six ou douze mois. C'est une stratégie que je mets de plus en plus en place. » En entrant sur le marché à différents moments, vous minimiserez, en effet, le danger d'investir pendant une chute brutale des cours boursiers.

Newsletter Ça me rapporte
La newsletter qui améliore votre pouvoir d’achat
Toutes les newsletters

Des investissements boursiers prudents. 2020 a vu un regain d'intérêt des Français pour les placements boursiers avec 400 000 nouveaux investisseurs recensés par l'Autorité des marchés financiers (AMF). L'ouverture d'un plan épargne action (PEA) ou compte titres reste la méthode la plus efficace pour faire fructifier ses économies. Rodolphe Brunon conseille de se focaliser sur des « valeurs liées à la santé, des fonds d'investissement misant sur la consommation interne en Chine ou spécialisés dans la transition énergétique. » Dans un marché imprévisible, il vaut mieux investir par « à-coups, une fois par an, ou tous les six mois », dit Philippe Crevel. « La Bourse doit servir à diversifier son portefeuille mais cela doit rester un complément à des placements plus sûrs. »