En 2020, les Français ont épargné 276 euros par mois en moyenne

Près de huit Français sur dix (78 %) disent avoir davantage économisé l’an dernier car ils ont moins consommé, selon un sondage d’Opinion Way pour Meilleurplacement.com, que nous dévoilons. Il témoigne de l’impact de la crise sanitaire du Covid-19 sur le comportement des ménages.

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 Si un quart des Français disent avoir mis de côté de 100 à 250 euros, ils sont 27 % à déclarer ne pas pouvoir économiser un seul centime, selon ce sondage.
Si un quart des Français disent avoir mis de côté de 100 à 250 euros, ils sont 27 % à déclarer ne pas pouvoir économiser un seul centime, selon ce sondage. LP/Aurélie Audureau

Dans ce marasme ambiant et le climat d'angoisse collective, les Français ont apparemment mis à profit la crise sanitaire du Covid-19 pour une chose : mettre des noisettes de côté! Les particuliers sont parvenus à épargner 276 euros par mois en moyenne en 2020, selon un sondage d'Opinion Way pour Meilleurplacement.com, courtier spécialisé dans les placements et la gestion de patrimoine, que dévoile Le Parisien - Aujourd'hui en France.

Si un quart des Français disent avoir mis de côté de 100 à 250 euros, ils sont 27 % à déclarer ne pas pouvoir économiser un seul centime. C'est notamment le cas d'un tiers des plus de 50 ans. « Et à l'autre bout du spectre, 17 % des personnes interrogées économisent plus de 500 euros par mois. Il y a les deux extrêmes », relève Yannick Hamon, cofondateur de meilleurplacement.com. Quant aux jeunes de 18-24 ans, ils ont placé 281 euros par mois, légèrement plus que la moyenne française.

Des inégalités entre hommes et femmes

Autre information relevée par le sondage, la capacité d'épargne varie selon le sexe. Comme un reflet des inégalités salariales, plus la somme mise de côté augmente, moins c'est le fait des femmes. Ainsi, 15 % des hommes affirment épargner au-delà de 500 euros par mois, contre 9 %, seulement, chez le sexe opposé. « Il n'y a aucune raison pour que les problèmes sociétaux ne trouvent pas de traduction dans l'épargne… », souligne Yannick Hamon.

Le sondage met surtout en lumière l'impact de la crise sanitaire sur le comportement des ménages : 78 % des Français disent avoir davantage épargné… parce qu'ils ont moins consommé! Avec les confinements successifs et la fermeture de certains commerces, la consommation a, de fait, été limitée. A l'arrivée, l'année 2020 aura battu des records. Selon la Banque de France, les Français auront épargné comme jamais en 2020 pour atteindre un total de 200 milliards d'euros! D'ordinaire, ils épargnent entre 100 et 130 milliards.

«L'expression de la peur de l'avenir»

Cela s'explique, aussi et surtout, par l'angoisse et le manque de perspectives. Un Français sur deux déclare avoir pris conscience, avec la crise, qu'il était important d'épargner. C'est d'autant plus vrai chez jeunes, et chez les seniors. Ainsi, 60 % des 18-24 ans, et 67 % des 25-34 ans affichent une volonté d'épargner davantage. De leur côté, 63 % des plus de 50 ans déclarent avoir une « attitude prudente », renforcée par la crise.

« L'épargne, c'est ni plus ni moins que l'expression de la peur de l'avenir. Pour les personnes âgées, c'est l'angoisse du vieillissement. Et, pour les jeunes, c'est la volonté de préparer la retraite, et la crainte d'une non-pérennité de leurs revenus et de leur travail avec un marché de l'emploi en dent de scie », décrypte Yannick Hamon. Cette crainte est, évidemment, accentuée par la crise sanitaire et économique et le climat anxiogène qu'elle crée.

Le livret A toujours plébiscité

Cela ne devrait pas s'arranger en 2021. A l'avenir, près de 60 % des particuliers ont l'intention d'adopter une attitude prudente. Près des trois quarts disent toujours privilégier les placements dits « refuges », comme le livret A ou le livret de développement durable et solidaire (LDDS), malgré des taux de rendement quasi nuls (0,5 % et 0,75 %).

« L'année 2020 a été record, avec un taux d'épargne dépassant les 20 %. Nous retomberons assez vite vers la norme, soit environ 16 % du budget mensuel des ménages, pense Yannick Hamon. Et, avec toutes les liquidités accumulées, il faut s'attendre à un véritable tsunami de consommation, et peut-être donc une forte inflation des prix, quand la situation sanitaire retrouvera la normale. Il faut l'anticiper. »