Découvert bancaire : deux Français sur dix dans le rouge chaque mois

Parmi les Français à qui il arrive d’être à découvert, près de 40 % le sont tous les mois, selon une étude de Panorabanques que nous révélons. Et cela leur coûte cher, surtout dans les banques traditionnelles. Avec la crise, attention à l’hémorragie chez les plus fragiles.

 Les frais de découvert s’avèrent jusqu’à quinze fois plus chers dans une banque traditionnelle que dans une banque en ligne, selon Panorabanques.com.
Les frais de découvert s’avèrent jusqu’à quinze fois plus chers dans une banque traditionnelle que dans une banque en ligne, selon Panorabanques.com. LP/JEAN-BAPTISTE QUENTIN

De quoi broyer du rouge. Un Français sur deux est à découvert au moins une fois par an et deux sur dix admettent l'être chaque mois… La plupart du temps en raison d'une situation financière difficile ou d'une dépense imprévue. C'est ce que révèle la dernière enquête du comparateur de frais bancaires en ligne Panorabanques.com (réalisée par poll&roll auprès de 1000 personnes fin octobre) que Le Parisien Aujourd'hui en France publie en exclusivité. Selon ses calculs, qui tiennent compte des fréquences de découvert des sondés, le découvert autorisé s'élève à « 235 euros en moyenne sur dix jours par mois, cinq fois par an ».

L'année « 2020 est une année compliquée pour les Français, qui estiment à 43 % avoir perdu du pouvoir d'achat cette année, résume Laure Prenat, directrice générale du comparateur. Tous sont concernés par le découvert bancaire, même si on note que les jeunes de 18 à 34 ans et les personnes avec un revenu inférieur à 1500 euros par mois restent les plus touchés ». Et d'enfoncer le clou : « 38 % des Français à découvert le sont tous les mois ».

Des découverts en hausse chez les plus fragiles

Pour Jean-Louis Kiehl, à la tête du réseau national de lutte contre le surendettement Crésus, ces chiffres correspondent à ce qu'il voit au quotidien. « Avec le Covid, la tendance aux découverts reste stable. Beaucoup de ménages concentrent leurs dépenses sur l'alimentaire, ils ont moins de charges et moins de possibilités d'acheter des vêtements ou des biens », précise-t-il.

« Mais ce n'est pas le cas pour tous : chez les plus fragiles, les jeunes entre autres, ceux qui ont déjà du mal à boucler leur fin de mois et à payer leur loyer, les découverts augmentent », souligne-t-il, craignant le pire avec la crise sanitaire liée à l'épidémie de Covid-19. « On s'attend à des problèmes en cascade au printemps lorsque les dispositifs d'aides s'arrêteront… Ceux qui gagnent un peu plus du smic et les primo-accédants sous crédit immobilier vont énormément souffrir », prévient ainsi Jean-Louis Kiehl.

Des frais plus élevés dans les banques traditionnelles

Reste qu'un découvert coûte cher, très cher même. Ses frais sont difficilement comparables, variant d'une banque à l'autre et d'un client à l'autre. Malgré tout, Panorabanques note que ces frais s'avèrent jusqu'à quinze fois plus chers dans une banque traditionnelle que dans une banque en ligne.

Découvert bancaire : deux Français sur dix dans le rouge chaque mois

Le client à découvert d'une banque traditionnelle doit sortir sa calculette : entre les frais de dossiers (nécessaires à la mise en place d'un découvert autorisé) facturés autour de 10 euros, les agios (14 % en moyenne, mais ils peuvent varier de 7 % à 21 % selon les établissements), les agios majorés d'un découvert non autorisé (de 14 % à 21 % selon les banques), les commissions d'intervention (plafonnées à 8 euros par découvert non autorisé) et les lettres d'intervention (9,80 euros en moyenne chez 147 banques), la note grimpe à 66 euros en moyenne par an, contre 4 euros seulement auprès d'une banque en ligne.

Mais attention, ce montant cache d'énormes disparités. « La facture des clients les plus fragiles cumulant irrégularités sur irrégularités peut rapidement atteindre plusieurs centaines d'euros par an, insiste Laure Prenat. D'où l'importance pour le client à risque de bien comparer ce type de frais avant de choisir sa banque. »