Vente des Chantiers de l’Atlantique : l’ex-patron de Bricorama prêt à s’engager dans le projet

« Nous sommes prêts à acquérir une part d’environ 41 % du capital de la société », assure Jean-Claude Bourrelier, fondateur et ancien patron de l’enseigne de bricolage Bricorama.

 Les Chantiers de l’Atlantique s’étendent sur plus de 100 ha à Saint-Nazaire.
Les Chantiers de l’Atlantique s’étendent sur plus de 100 ha à Saint-Nazaire. LP/Jean-Baptiste Quentin

L'offre se veut pour l'instant « amicale ». Le fondateur et ancien patron de l'enseigne de bricolage Bricorama s'est dit jeudi prêt à prendre une « participation importante » dans le capital des Chantiers de l'Atlantique après l'échec du projet de rachat par l'italien Fincantieri.

« Bourrelier Group (la société d'investissement familiale qu'il dirige, NDLR) souhaite jouer un rôle d'animateur, comme principal actionnaire. Nous sommes prêts à acquérir une part d'environ 41 % du capital de la société », déclare Jean-Claude Bourrelier dans un entretien aux Échos.

Les ministres de l'Économie français et italien, Bruno Le Maire et Stefano Patuanelli, et la vice-présidente exécutive de la Commission européenne, Margrethe Vestager, ont acté fin janvier l'échec de la reprise de l'entreprise de Saint-Nazaire, spécialisée dans les paquebots et navires militaires de grande taille, par le constructeur naval italien Fincantieri.

« Toutes les manifestations d'intérêt sont les bienvenues »

L'État, qui a repris les Chantiers en 2017 après la faillite de leur propriétaire sud-coréen STX, demeure actuellement le premier actionnaire (84,3 % du capital), avec Naval Group (11,7 %), les salariés (2,4 %) et des sociétés locales réunies au sein du consortium CofiPME (1,6 %).

« Toutes les manifestations d'intérêt sont les bienvenues », a indiqué Bercy à l'AFP. « Nous rentrons dans une phase de réflexions stratégiques sur les chantiers », a ajouté le ministère de l'Économie qui « prendra le temps d'examiner toutes les offres ».

Dans le schéma proposé par Jean-Claude Bourrelier, « l'État et - ou - Naval Group détiendraient à eux deux jusqu'à 40 % du capital et se verraient reconnaître des droits particuliers au travers du pacte d'actionnaires ». « Le consortium CofiPME, que nous avons également rencontré, pourrait augmenter sa participation », ajoute Jean-Claude Bourrelier, précisant que son offre se veut « amicale ».

La participation de son groupe serait placée dans un fonds de dotation pour une « durée minimale de dix ans » et la gouvernance serait organisée en conseil de surveillance et en directoire, Bourrelier Group intervenant au niveau du premier.

Un rendez-vous à Bercy « très prochainement »

En cas de reprise, Jean-Claude Bourrelier dit vouloir développer une « politique d'innovation technologique soutenue », notamment dans le développement de paquebots moins polluants et des énergies marines renouvelables. Il entend également, « si possible », produire des ferries, désormais principalement construits en Asie.

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Jean-Claude Bourrelier annonce qu'il devrait « avoir un rendez-vous à Bercy très prochainement ». Après l'échec du rachat par Fincantieri, le ministère de l'Économie avait indiqué qu'il n'était pas tenu par le temps pour trouver un éventuel repreneur.

« Attendons que la poussière retombe et voyons quelles marques d'intérêt sont confirmées », avait-il affirmé. « Les chantiers ont tous les moyens pour se développer, sont soutenus par l'Etat actionnaire, et ont un bon carnet de commandes ».