Une aide de 150 euros versée fin novembre à 1,1 million de jeunes

Le plan II pauvreté qui devait être annoncé ce samedi a été reporté à la semaine prochaine. Jean Castex a pris les devants en dévoilant ce dimanche une mesure financière en faveur des moins de 25 ans.

 Jean Castex a annoncé une aide exceptionnelle de 150 euros pour les 400000 jeunes bénéficiaires des APL et aux 700000 étudiants boursiers.
Jean Castex a annoncé une aide exceptionnelle de 150 euros pour les 400000 jeunes bénéficiaires des APL et aux 700000 étudiants boursiers. REA/Marta Nascimento

Une aide financière pour les jeunes en situation de précarité, c'est l'annonce que le Premier ministre, Jean Castex, avait prévu de faire lors de la présentation de « l'acte II de la stratégie pauvreté » initialement prévue ce samedi. Mais en raison de l'assassinat d'un enseignant à Conflans-Sainte-Honorine (Yvelines), ce plan à destination des plus modestes a été reporté de quelques jours.

Dans un entretien au «Journal du dimanche» publié ce dimanche, Jean Castex a choisi d'annoncer, sans plus attendre, une aide exceptionnelle de 150 euros « versés aux 400000 jeunes bénéficiaires des APL et aux étudiants boursiers ». Ces derniers, au nombre de 700000, devraient tous bénéficier de cette somme, nous a précisé l'entourage du Premier ministre. Au total, ce sont donc 1,1 million de jeunes qui devraient percevoir cette aide dont le versement interviendra « fin novembre », indique Matignon.

Clore une polémique

Lors de son interview télévisée mercredi soir, le président Emmanuel Macron avait déjà annoncé une « aide exceptionnelle de 150 euros plus 100 euros par enfant » pour « les bénéficiaires du RSA (Revenu de solidarité active) comme pour tous ceux touchant des APL (aides personnalisées au logement) — ce qui touche du coup les 18-25 ans ». Mais le lendemain, l'entourage du Premier ministre rétropédalait, indiquant que seuls les bénéficiaires du RSA et de l'Allocation de solidarité spécifique (ASS, pour les chômeurs en fin de droits) toucheraient ce coup de pouce de 150 euros.

VIDÉO. Emmanuel Macron annonce une prime pour les bénéficiaires du RSA ou des APL

Les bénéficiaires des APL, eux, devaient percevoir uniquement la prime de 100 euros par enfant. Les jeunes, qui ne bénéficient pas du RSA étaient donc exclus de la mesure. De quoi faire bondir les associations de lutte contre la précarité, alors que, selon l'Observatoire des inégalités, un million des 18-29 ans vit sous le seuil de pauvreté. C'est même la « catégorie d'âge pour laquelle la progression a été la plus forte ces quinze dernières années : leur taux de pauvreté a grimpé de 8,2 % à 12,5 % entre 2002 et 2018, soit une progression de 50 % », pointe l'Observatoire.

« Il faut que le gouvernement recadre le tir », lançait le délégué général de la Fondation Abbé Pierre, Christophe Robert. C'est donc chose faite. Si « le choix du président de la République » a été de « favoriser l'insertion par le travail », fermant la porte à la demande des acteurs de terrain d'instaurer un RSA jeune, « nous avons aussi pleinement conscience du fait que lorsque survient une crise économique, elle touche d'abord et de plein fouet les personnes précaires et les jeunes », a insisté Jean Castex, qui a également annoncé l'avancement de la trêve hivernale dès ce dimanche au lieu du 1er novembre.

Un plan jeune de 6,7 milliards d'euros sur deux ans

Le gouvernement mise sur le plan 1 jeune 1 solution lancé fin juillet, d'un montant de 6,7 milliards d'euros sur deux ans, du « jamais vu » selon le Premier ministre. Que prévoit-il, alors que les 800000 suppressions d'emplois prévues en 2020 par la Banque de France n'incitent guère à l'optimisme? Outre les 4000 euros destinés aux employeurs pour favoriser 450000 embauches d'ici janvier 2021 et les 100000 places supplémentaires en service civique, ce plan prévoit 300000 « parcours d'insertion » pour les jeunes les plus éloignés de l'emploi et 200000 places supplémentaires en formation.

Pour les jeunes en échec dans l'enseignement supérieur, 100000 nouvelles formations qualifiantes ou préqualifiantes seront proposées « dans les métiers d'avenir ». Par ailleurs, des « contrats aidés » dans le secteur marchand, supprimés en 2017 par la nouvelle majorité, seront rétablis, en les ciblant sur les jeunes les plus éloignés de l'emploi. Enfin, ils seront 50000 en 2021 à bénéficier de la Garantie jeune, un dispositif d'insertion géré par les Missions locales pour les jeunes sans emploi ni formation avec un accompagnement renforcé pendant un an avec une allocation mensuelle de 497 euros.