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Tempête Alex : «La reconstruction définitive du réseau électrique sera longue et difficile»

Marianne Laigneau, présidente du directoire d’Enedis, fait un premier point sur la difficulté des travaux dans l’arrière-pays niçois.

 Tende, le 9 octobre. Dans la vallée de la Roya, des agents Enedis à l’oeuvre pour rétablir le courant. Là, ils devaient hisser un lourd câble électrique sur une falaise pour se servir d’une ancienne ligne haute tension.
Tende, le 9 octobre. Dans la vallée de la Roya, des agents Enedis à l’oeuvre pour rétablir le courant. Là, ils devaient hisser un lourd câble électrique sur une falaise pour se servir d’une ancienne ligne haute tension. LP/Matthias Galante

Alors que les équipes d'Enedis, l'entreprise qui gère en France la distribution d'électricité, luttent pour rétablir le courant dans les vallées de l'arrière-pays niçois sinistrées par la tempête Alex, la présidente du directoire de l'entreprise revient sur les travaux en cours et surtout, sur ceux à venir.

En quoi cette crise est-elle différente des autres ?

MARIANNE LAIGNEAU. « L'aléa est un classique de notre métier. En 2019, on en compté 20 dont 14 tempêtes et nous avons déclenché sept fois la « Fire ». Mais celui-ci a été extrêmement violent et rapide, concentré sur trois vallées difficiles d'accès. On a eu un peu de mal au début à établir l'exacte situation des villages sans accès et sans téléphone. Mais une fois que c'est parti, c'est un rouleau compresseur. Ce manque d'accessibilité nécessite de nombreuses rotations d'hélicoptères pour acheminer des moyens humains, le matériel, mais aussi une centaine de groupes électrogènes. »

Des solutions provisoires ont été mises en oeuvre, quand viendra le temps de la reconstruction ?

« L'urgence c'était de fournir de l'électricité à tout le monde, quartier par quartier. On était à 15 000 personnes privés d'électricité, 8 000 dimanche, mardi quatre foyer sur cinq avaient du courant... Les derniers clients sont en train d'être réalimentés (NDLR: depuis vendredi). On a déployé des groupes électrogènes, maintenant on tire des câbles HTA et on va le faire de plus en plus. Il y a du provisoire qui va durer mais qui sera de très grande qualité. Pour la reconstruction définitive du réseau, ce sera long et difficile, car il faut notamment des routes. »

Avez-vous tiré des enseignements de ces intempéries ?

« Il y a un retour d'expérience sur chaque crise. On va entre autres apprendre de la logistique hélicoptère qui a été une nouveauté pour nous à une telle échelle. Nous investissons chaque année 1 milliard d'euros sur la résilience du réseau et sa modernisation pour faire face à l'aléa climatique de plus en plus fréquent et diversifié. Ce chiffre augmentera de 20% à l'horizon 2025. »

VIDÉO. Tempête Alex : la solidarité s'organise autour des villages isolés