Stations de ski : professionnels et élus réclament une ouverture totale, Castex reste ferme

Les professionnels de la montagne réclamaient l’ouverture des stations pendant les vacances de fin d’année. Le gouvernement vient de confirmer la fermeture des remontées mécaniques.

Ils veulent éviter une saison blanche. Élus, députés, présidents de région comme Jeanine Dubié, députée des Hautes-Pyrénées et présidente de l'ANEM (Association Nationale des Élus de la Montagne), et une quinzaine d'organismes et entreprises comme les Domaines skiables de France (DSF), Compagnie des Alpes, Club Méditerranée ou Pierre et Vacances ont voulu maintenir la pression sur le gouvernement en demandant l'ouverture des stations de montagne pendant les fêtes de fin d'année.

Une pression qui intervient alors qu'Emmanuel Macron a jugé mardi a priori « impossible » une ouverture des stations pour la fin d'année.

Pourtant, Jean Castex a bien confirmé que les remontées mécaniques resteraient fermées, même si les stations pourront ouvrir. Le Premier ministre a justifié la fermeture des équipements collectifs et des remontées mécaniques dans les stations s'expliquent par notamment par le risque de faire peser une surcharge supplémentaire dans les hôpitaux. Il a toutefois assuré que les personnes pourraient se rendre dans les stations « pour respirer le bon air de nos montagnes ». En outre, des indemnités seront prévues pour les professionnels et les salariés.

« Aucune raison crédible à ne pas ouvrir »

Mais pour les professionnels et élus, la réponse n'est pas satisfaisante. « Il n'y a aucune raison crédible à ne pas ouvrir » dès les vacances de Noël.

« Toutes les parties prenantes se sont préparées à l'ouverture, les stations sont prêtes et les équipes sont embauchées. Les professionnels ont tenu le plus grand compte de la crise sanitaire que nous traversons, d'abord par civisme mais aussi parce que c'est leur intérêt bien compris d'offrir aux visiteurs un environnement qui les rassure », assurent-ils dans cette tribune placée sous le hashtag #CET HIVER, JE SKIE !

Ils affirment comprendre « qu'eu égard au contexte, des décisions d'ouverture ne puissent pas encore être prises et à cet égard l'évolution des prochaines semaines sera décisive, il ne faut pas se précipiter. Une décision mi-décembre permettrait encore de démarrer la saison dans de bonnes conditions. »

120 000 personnes travaillent dans le secteur

Ils rappellent aussi qu'après leur rencontre avec le Premier ministre avait indiqué qu'aucune décision ne serait prise avant au moins 5 ou 10 jours et affirment ne pas comprendre les récentes annonces. « S'agissant du risque de saturation supplémentaire des hôpitaux susceptible d'être généré par les accidents de ski, il doit faire l'objet d'une attention prioritaire », mais « la très grande majorité des blessés sont traités en ambulatoire » et « il est extrêmement rare que les services de réanimation soient sollicités ».

Mais surtout, selon eux, il y a « un enjeu économique et social majeur pour une filière qui représente plus de 11 milliards d'euros de chiffre d'affaires annuel, 2 milliards d'euros d'exportations » et qui « fait vivre un tissu d'entreprises locales, qui emploie plus de 120 000 personnes dans des territoires dont l'économie locale repose souvent pour l'essentiel sur ce secteur. »

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Or, « les vacances de Noël représentent entre 20 % et 25 % des recettes », au terme d'une année 2020 qui devrait être marquée par « une chute de 30 % au moins de la fréquentation, en raison notamment du recul de la clientèle étrangère. »

Pour encore essayer faire plier le gouvernement, les professionnels promettent « des protocoles sanitaires complets et inédits » et « se doter d'une capacité importante de tests. »