Royaume-Uni : trois pubs ou restaurants sur quatre se disent menacés de disparition

Selon leurs organisations professionnelles, 72% des établissements de boisson ou restauration britanniques s’attendent à mettre la clé sous la porte l’an prochain.

 Au Royaume-Uni, les salles de sport, boutiques et commerces jugés non essentiels sont obligés de garder portes closes jusqu’au 2 décembre au moins.
Au Royaume-Uni, les salles de sport, boutiques et commerces jugés non essentiels sont obligés de garder portes closes jusqu’au 2 décembre au moins. REUTERS

C'est un symbole fort, une véritable institution au Royaume-Uni, qui est menacé. D'après les organisations British Beer and Pub Association, UK Hospitality et British Institute of Innkeeping, 72 % des entreprises sondées s'attendent à « ne plus être viables et à fermer en 2021 ».

Cette enquête, menée pour le compte de ces organismes par le cabinet d'études CGA auprès de 446 sociétés qui représentent 20 000 établissements, montre aussi que les entreprises du secteur veulent plus de soutien pour traverser la crise économique massive déclenchée par le Covid-19.

Comme en France, après le confinement qui les a forcés à fermer leurs portes de fin mars à début juillet, ils sont de nouveau tenus en Angleterre et dans plusieurs régions d'Ecosse de cesser leur activité.

Un impact « dévastateur »

Dans un communiqué, les trois organisations dénoncent « l'impact dévastateur et à long terme des restrictions gouvernementales sur » le secteur. « Sans changement d'approche et plus de soutien du gouvernement, une grande partie du secteur pourrait avoir disparu d'ici un an. Ce qui veut dire des entreprises et des emplois perdus sans parler de lieux bien-aimés, fermés pour toujours », insiste le communiqué.

Outre la fermeture des restaurants et bars en Angleterre, les salles de sport, boutiques et commerces jugés non essentiels sont également tenus de garder portes closes jusqu'au 2 décembre au moins, à l'approche de la période des fêtes de Noël, cruciale pour le petit commerce.

Pour aider l es entreprises à traverser cette crise économique sans précédent dans l'histoire moderne, le Trésor britannique a injecté 200 milliards de livres d'aides à travers des prêts, versements aux entreprises et travailleurs indépendants, ou d'indemnisation de chômage partiel.

Selon une autre étude de l'Office national des statistiques, une entreprise sur 7, tous secteurs confondus au Royaume-Uni pourrait ne pas survivre aux trois prochains mois en raison du reconfinement de l'Angleterre. Il faut dire que la situation économique dans le pays est préoccupante. La contraction du PIB britannique pourrait être de 11,2 % cette année à cause de la pandémie, avec une reprise de 4,4 % en cas de Brexit sans accord ou à 7,2 % si le Royaume-Uni parvient à signer un accord commercial a minima avec l'Union européenne de dernière minute.