Relocalisation : Lunii préfère Bayonne à la Chine

Depuis juillet 2020, l’entreprise est parvenue à faire fabriquer en France ses Boîtes à histoires.

 La boîte à histoires créée par Lunii, qui permet aux enfants de composer des histoires sur mesure, s’est vendu à 600 000 exemplaires en France.
La boîte à histoires créée par Lunii, qui permet aux enfants de composer des histoires sur mesure, s’est vendu à 600 000 exemplaires en France. DR

« Le made in France était notre objectif dès le début, en 2014, mais c'était trop cher pour notre entreprise qui débutait », raconte Igor Krinbarg, l'un des cofondateurs de Lunii. Depuis, 600 000 boîtes à histoires, produites en Chine, ont été vendues en France. Un jeu destiné aux enfants, qui leur permet de composer sur mesure les histoires qu'ils veulent écouter en choisissant le personnage et l'univers du récit. Forte de son succès, fin 2018, l'entreprise entame le rapatriement de la production en France.

« La boîte à histoires passait par plusieurs usines en Chine et à Singapour. On voulait réduire les distances pour être en cohérence avec nos valeurs », assure Igor Krinbarg. Il a donc signé avec BMS Circuits, à Bayonne (Pyrénées-Atlantiques). « Ça a demandé des investissements importants pour acheter des machines car les lignes françaises sont plus automatisées : elles nécessitent trois équipes de cinq personnes contre une trentaine en Chine où la main-d'œuvre est moins chère », souligne l'entrepreneur.

Fournisseurs locaux

« On va lancer une équipe qui travaillera le week-end ! » sourit Karim Mahé, directeur de BMS Circuits. « En un an, on a eu cinq nouveaux clients dont trois relocalisations », ajoute-t-il. Ces nouveaux contrats profitent aussi aux fournisseurs locaux : entre l'emballage fait par une autre entreprise à Bayonne et la plasturgie réalisée à Lourdes (Hautes-Pyrénées), la petite boîte verte ne parcourt plus que 150 km.

Côté client, c'est « un argument marketing », reconnaît Igor Krinbarg mais pas seulement : « On aimerait bien être précurseurs de cette nouvelle vague du made in France. On a rogné sur nos marges pour conserver un prix identique et montrer que produire localement ne doit plus être un luxe mais une nécessité. »