Recul de 1,1% du taux de chômage au quatrième trimestre, une amélioration de façade

L’Insee a publié ce mardi matin les chiffres du chômage. Selon l’institut statistique, la baisse est importante, de l’ordre de 340 000 personnes en moins. Mais cela ne serait pourtant pas le signe d’un retour à l’emploi pour tous ces Français.

Illustration. Selon l'Insee, le taux de chômage a reculé de 8%. Mais l'institut de la statistique prévient, ce chiffre est un "trompe l’œil".
Illustration. Selon l'Insee, le taux de chômage a reculé de 8%. Mais l'institut de la statistique prévient, ce chiffre est un "trompe l’œil". LP/ Fred Dugit

Ce qui semble une embellie n’est en réalité qu’un « trompe-l’œil ». C’est ce qui ressort de l’analyse, publiée ce mardi matin, du taux de chômage par l’Insee au quatrième trimestre 2020. Si l’Institut national de la statistique et des études économiques enregistre un fort recul, de 1,1 % du taux de chômage avec 340 000 personnes en moins, il n’est pas question de se réjouir. En France, hors Mayotte, 8 % de la population active serait sans emploi. Une baisse suspecte qui avait déjà été observée au deuxième trimestre 2020.

En réalité, selon l’Insee, cette diminution est à prendre avec des pincettes. En raison du deuxième confinement, entre le 30 octobre et le 15 décembre, « un nombre important de personnes ont basculé vers l’inactivité, faute notamment de pouvoir réaliser des recherches actives d’emploi dans les conditions habituelles », explique dans son analyse l’institut. De plus, même si le taux d’emploi s’est redressé, « il est à relativiser par le repli des heures travaillées par emploi ».

Dans le détail, parmi ceux qui auraient peut-être le plus renoncé à trouver un emploi, on retrouve les très jeunes (15-24 ans) avec une baisse de 3,6 points. Toutes les tranches d’âge sont toutefois concernées. « Le taux de chômage se retrouve ainsi inférieur à son niveau un an auparavant pour les jeunes (‒1,5 point) et quasiment au même niveau qu’un an avant pour leurs aînés (+ 0,1 point pour les 25-49 ans ; ‒0,1 point pour les 50 ans et plus) », observe l’Insee.

1,8 million de Français souhaitent un emploi, sans être considérés au chômage

Selon l’Insee, 1,8 million de Français souhaitent un emploi, sans être considérés au chômage et constituent le halo autour du chômage. Un pic de ce halo avait déjà été observé au deuxième trimestre alors que de nombreux Français avaient interrompu leur recherche d’emploi en raison du premier confinement.

Au 4e trimestre 2020, une baisse du chômage en trompe-l'oeil

Recul de 1,1% du taux de chômage au quatrième trimestre, une amélioration de façade

« Il était surtout constitué de personnes souhaitant travailler et disponibles pour le faire, mais n’ayant pas effectué de démarches actives de recherche d’emploi. Avec la fin du premier confinement, les personnes sans emploi ont à nouveau repris leurs recherches d’emploi, faisant mécaniquement diminuer le halo autour du chômage au troisième trimestre », explique l’institut de la statistique. D’où la forte hausse du chômage au troisième trimestre.

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Mais cette analyse chiffrée révèle aussi du positif. Ainsi, 65,6 % des 15-64 ans sont en emploi, soit une hausse de 0,6 point, après une hausse de même ampleur (+ 0,6 point) au troisième trimestre. Le taux d’emploi de toutes les catégories d’âge est en augmentation, excepté celui des jeunes hommes (-0,8 point).

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Cette augmentation du taux d’emploi sur les deux derniers trimestres ne compense toutefois pas le recul au deuxième trimestre (‒1,6 point). Le taux d’emploi reste ainsi inférieur à son niveau un an auparavant. Les effets du chômage partiel sur l’année sont visibles. Pour l’Insee, « le nombre moyen d’heures travaillées par emploi se situe 2,2 % au-dessous de son niveau un an plus tôt ». Au quatrième trimestre 2020, le nombre moyen d’heures travaillées recule de 1,3 %, à 30,5 heures par semaine. Le taux de personnes en temps partiel, au quatrième trimestre, observe quant à lui une diminution de 0,2 point et de 0,8 point sur un an, à 17,4 %. Mais il y a là aussi une note de positif avec un taux d’emploi à temps complet qui croît de 0,2 point sur l’année.