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Recrutement : dénicher les talents émergents, l’objectif de Marion Karila, chasseuse de têtes

Experte dans les métiers de l’assurance, Marion Karila est associée chez Synapse Executive, un cabinet de chasseurs de têtes français et indépendant.

 Marion Karila, dans son bureau des Champs-Elysées.
Marion Karila, dans son bureau des Champs-Elysées. LP/Valentin Cebron

Moquette bleu nuit au sol, table en marbre, balcon avec vue sur la plus belle avenue du monde, bibliothèque moderne abritant des ouvrages aux titres évocateurs : « Mes conseils pour réussir » de Jack Welch, « L'Identité au travail » de Renaud Sainsaulieu, « Le Capital au XXIe siècle » par Thomas Piketty…

Nous sommes dans l'une des salles de réunion de Synapse Executive, cabinet de chasseurs de têtes français créé il y a dix ans dans un marché dominé par les Anglo-Saxons. A l'instar des cabinets d'avocats, l'adresse compte. « Etre sur les Champs-Elysées marque un positionnement, ça parle à l'international et c'est facilement accessible en transports en commun », confirme Marion Karila, venue rejoindre cette année comme associée ce cabinet français et indépendant.

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Les deux fondateurs l'ont accueillie, elle et son précieux carnet d'adresses. Celui-ci s'est construit au fil de ses quinze ans passés dans de grands cabinets de conseil et recrutement tels que KPMG et Robert Walters, où elle a rencontré ses associés actuels. En entreprise aussi : la jeune femme fut directrice de développement des ressources humaines France de l'assureur Swiss Life. « Nous quatre (NDLR : un autre associé complète l'équipe) venons des métiers pour lesquels on recrute », insiste-t-elle. Immobilier, luxe, grande distribution, nouvelles technologies, digital… Marion Karila est pour sa part experte du secteur de l'assurance.

Conseil en ressources humaines plutôt que chasseur de têtes

« Ma fibre relationnelle et humaine est un des atouts que je voulais utiliser dans mon travail », résume la chasseuse de têtes de 39 ans, diplômée de l'université Paris-Dauphine en sciences techniques comptables et financières ainsi qu'en assurance et management des risques. Ce terme, « chasseur de têtes », elle ne l'aime pas beaucoup et préfère parler de « conseil en ressources humaines ».

Même si l'âge n'est jamais un critère, les talents qu'elle identifie ont en majorité entre 35 et 45 ans, avec au moins deux grandes expériences significatives au compteur. Quant aux clients de Synapse Executive, ce sont des TPE, PME, start-up et cabinets d'avocats. Ses cibles ? « Des managers opérationnels dont je vais suivre la carrière pendant 10 ou 15 années, explique-t-elle. Ils ne deviendront pas tous directeurs généraux, mais seront membres du comité exécutif ou à la tête des pôles comptables, financier, RH… »

Le compte à rebours est lancé dès qu'un client la mandate pour un poste. « Je m'engage à présenter entre deux à trois candidats en cinq semaines maximum, avec un point d'étape intermédiaire », explique-t-elle. Un laps de temps pendant lequel son équipe de recherche et elle partent à la chasse.

Ce groupe de six personnes au total pour l'ensemble du cabinet est formé au fonctionnement de LinkedIn ainsi qu'à sa propre base de données. Pour chacun des 20 000 noms de celle-ci, dont certains désignés comme « haut potentiel », elle renferme « tout ce qui n'est pas dit sur les réseaux sociaux professionnels comme le contexte personnel, les aptitudes à manager ou pas, les souhaits de mobilité… »

Une vingtaine de recrutements par an

D'autres éléments viennent alimenter chacun des profils : diplômes, langues parlées, logiciels maîtrisés, références, mais aussi « soft skills » ou domaines de compétences tels que l'intelligence émotionnelle, la capacité d'écoute, d'empathie, de négociation… Des fiches que Marion Karila alimente au fil de ses rencontres.

Emails, coups de fil et discussions fusent avant de recevoir les candidats et d'aller au bout de sa mission. C'est de cette façon que la spécialiste affiche une vingtaine de recrutements par an. Des missions facturées 25 à 30 % du package négocié par le candidat, comprenant le salaire fixe annuel, le variable et les avantages en nature comme le véhicule de fonction par exemple. Le tarif minimum ne doit pas être en deçà de 25 000 euros.

En 2019, Synapse Executive affichait 2 millions d'euros de chiffre d'affaires. Avec deux partenaires de plus cette année, le cabinet de 15 personnes ne tait pas ses ambitions de doubler ses revenus dans les 12 à 18 prochains mois.

En revanche, discrétion absolue quant au tableau de chasse. « Les contrats de travail sont accompagnés de clauses de confidentialité très strictes qui nous empêchent toute publicité sur nos recrutements », insiste Marion Karila.