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Reconfinement : le géant du e-commerce Rakuten veut aider les commerçants indépendants

Fabien Versavau, le PDG de Rakuten France (ex-PriceMinister), annonce une série d’initiatives pour aider les commerçants dont les magasins ont dû fermer à cause de la crise sanitaire.

 Fabien Versavau met en place des aides financières pour les vendeurs hébergés sur son site, mais aussi une formation au e-commerce et un fonds de solidarité.
Fabien Versavau met en place des aides financières pour les vendeurs hébergés sur son site, mais aussi une formation au e-commerce et un fonds de solidarité. LP/Paul Lemaire

Alors que 200000 commerces physiques viennent de fermer, les géants du e-commerce ont toutes les chances, avec la grande distribution, de rafler la mise du Black Friday et des courses de Noël. Ils le savent bien, mais ils refusent de passer pour le grand méchant loup et préparent aussi l'avenir. L'américain Ebay a annoncé vendredi qu'il rendait l'ouverture d'une boutique en ligne gratuite pendant trois mois côté commissions et douze mois côté abonnement. Le français Cdiscount s'apprête à faire le même genre d'annonces ce lundi.

Quant au japonais Rakuten, présent en France depuis 2010 grâce au rachat de PriceMinister, il fait de même mais va encore plus loin en réclamant la création d'un fond de soutien aux commerces indépendants. Son PDG France, Fabien Versavau, nous l'explique.

Ce nouveau confinement, n'est-ce pas une aubaine pour le e-commerce ?

FABIEN VERSAVAU. Clairement pas. Nous observons depuis dix jours qu'au-delà du confinement, l'actualité dramatique des attentats a mis une chape de plomb sur l'envie de consommer.

Concrètement, que faites-vous pour aider les petits commerces ?

Nous avons amplifié le plan que nous avions lancé lors du confinement du printemps. On garde le principe de gratuité des frais d'abonnement et de l'option «click and collect » pour les nouveaux vendeurs-partenaires. Nous avons réduit nos commissions à 5 % sur les catégories touchées par les fermetures de magasin (jouets, disques, livres, vêtements...), soit une diminution de plus de moitié. Mais ce que l'on va faire en plus, c'est une grande journée de formation, ce jeudi, pour laquelle nous avons mobilisé 150 personnes. Les vendeurs pourront se connecter et se former à la création de leur boutique en ligne. Ils auront ensuite un interlocuteur qui les suivra pour améliorer leur catalogue, leurs fiches produits...

Vous proposez également d'abonder un fond de soutien aux commerces indépendants...

Malgré tout ce qui est entrepris par le gouvernement, les conséquences sur le commerce seront graves. Nous avons proposé au cabinet du ministre Alain Griset de créer un fond de solidarité. Rakuten l'abondera et nous invitons tous les acteurs du e-commerce et les magasins non concernés par les fermetures à faire de même. Pendant la durée du confinement, nous reverserons 50 % de nos commissions sur les catégories actuellement en tension : libraires, disquaires, jouets, cavistes, décoration de la maison, chaussure, habillement, maroquinerie.

A quel montant pourrait s'élever votre contribution ?

C'est difficile de l'estimer aujourd'hui.

Ce fonds, n'est-ce pas une façon de redorer votre image ?

Nous sommes solidaires, mais ce n'est pas de la générosité mal placée. Contrairement à d'autres plate-formes (NDLR : comme Amazon et Cdiscount), nous ne vendons rien nous-mêmes. Nous dépendons des commerces qui vendent sur notre site, nos modèles sont imbriqués. Cette démarche est également cohérente avec notre enracinement local : nous sommes installés, nous investissons et nous payons des impôts en France. A l'heure de l'Internet-bashing, il est bon de le rappeler.