Reconfinement : «Je n’imagine pas comment on va pouvoir affronter ça», s’alarme une patronne

Thérèse Lanquepin, PDG de l’entreprise de services à domicile Adhap Services, 250 salariés dans l’Oise, s’inquiète des conséquences d’un troisième confinement face à la pandémie de Covid-19.

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 «Un reconfinement dur, ce serait au moins 20% de perte d’activité», redoute Thérèse Lanquepin, PDG d’Adhap Services, dans l’Oise.
«Un reconfinement dur, ce serait au moins 20% de perte d’activité», redoute Thérèse Lanquepin, PDG d’Adhap Services, dans l’Oise. LP/Arnaud Dumontier

En quinze ans d'activité, sa petite entreprise a connu bien des heures sombres. Thérèse Lanquepin évoque « les semaines de neige » l'hiver, rendant, les routes de campagne impraticables dans l'Oise, ou encore la grippe H1N1. Jamais, pourtant, son entreprise installée à Compiègne, forte de 250 salariés - majoritairement des aides à domicile ou auxiliaires de vie qui sillonnent le département chez les personnes âgées et handicapées -, ne s'est aussi mal portée que ces derniers mois.

Un troisième confinement ne ferait qu'aggraver la situation. « Dans le service à la personne, nos marges sont faibles. On est déjà très fragiles. Un reconfinement dur, avec les écoles fermées, ce serait au moins 20 % de perte d'activité. Je n'imagine pas comment on va pouvoir affronter ça », s'inquiète déjà la cheffe d'entreprise.

Reconfinement : «Je n’imagine pas comment on va pouvoir affronter ça», s’alarme une patronne

Et pour cause : ses salariés sont très majoritairement - à 98 % - des femmes, 40 ans de moyenne d'âge, élevant parfois seules des enfants en âge d'aller à l'école. « En mars, elles étaient nombreuses à ne plus pouvoir se déplacer. Sans solution de garde, elles sont restées chez elles pour s'occuper de leurs enfants. La gestion de mon personnel a été très compliquée », rappelle Thérèse Lanquepin qui avait mis, par ailleurs, des dizaines d'autres salariées au chômage partiel.

«Un coût économique et humain très important»

Cette période restera à jamais gravée dans sa mémoire. « Dans l'Oise, l'épidémie de Covid avait commencé très tôt, dès fin février, avec l'un des premiers clusters (NDLR : à Cr l'un des premiers clusters (NDLR : à Crépy-en-Valois). Mon activité s'était écroulée. Jusqu'à mi-mars, j'étais désemparée. Heureusement, les aides de l'Etat, annoncées peu après, nous ont apporté une bouffée d'oxygène ». Depuis, les mois passant, Thérèse a réussi à redresser son affaire. Les contrats et prestations sont revenus à la normale, le moral avec. « On s'adapte, on ne fait que ça, s'adapter », lâche-t-elle.

Reconfinement : «Je n’imagine pas comment on va pouvoir affronter ça», s’alarme une patronne

Mais un troisième confinement ferait l'effet d'un coup de massue pour l'entrepreneuse. « Il va y avoir des dégâts. Le coût économique et humain risque d'être très important », répète-t-elle à l'envi, songeant à son entreprise mais aussi à ses quelque 1 000 clients, souvent âgés, répartis entre Noyon et Creil, dans l'est du département. « Comment feront-ils si ni les auxiliaires de vie ni leur famille ne peuvent venir leur rendre visite ? Certaines personnes vivent isolées sur notre territoire. Leur état de santé risque de se dégrader rapidement. »