Rachat de Suez : Veolia met près de 8 milliards d’euros sur la table

Après plusieurs tentatives de rachats « amicales », Veolia s’attaque au capital de Suez de façon plus agressive. Son concurrent dénonce une initiative « illégale ».

 Depuis plusieurs mois déjà, les géants Suez et Veolia mènent des négociations pour un rachat du premier.
Depuis plusieurs mois déjà, les géants Suez et Veolia mènent des négociations pour un rachat du premier.  AFP/Kenzo Tribouillard/Eric Piermont

La « bataille de l'eau » fait toujours rage. Le groupe Veolia annonce dimanche soir mettre 7,9 milliards d'euros sur la table pour acheter les 70,1 % du capital de Suez qu'il ne détient pas, renonçant au caractère amical de sa tentative de rachat de son concurrent.

Considérant que « l'intérêt social de Veolia et la bonne information du marché méritent une clarification face aux manœuvres et déclarations ambiguës de Suez, Ardian et GIP », le conseil d'administration du champion de l'eau et des déchets a décidé de faire « une offre publique d'acquisition en numéraire au prix de 18 euros » par action, précise un communiqué.

Veolia, qui a acheté en octobre 29,9 % du capital de son grand concurrent français Suez, « constate que ses tentatives répétées d'amicalité, réitérées dans sa proposition d'offre du 7 janvier 2021, se sont toutes heurtées à l'opposition » de sa cible, poursuit-il.

Des propositions d'offres rejetées

Dans la foulée de cette annonce, le groupe Suez a réagi vigoureusement en affirmant que le dépôt d'une OPA à son encontre par son concurrent Veolia serait « irrégulier et illégal ». « Veolia est dans l'impossibilité juridique de déposer une OPA », souligne dimanche soir une porte-parole du groupe, qui y voit une « rupture de l'engagement d'amicalité »pris auparavant par Veolia « devant plusieurs parties, dont l'Etat ». Pour elle, « Veolia défie l'Etat qui voulait promouvoir une solution amicale entre les deux groupes ».

« Suez a multiplié au cours des quatre derniers mois les actions destinées à faire obstruction à la proposition d'offre de Veolia », Justifiait-on plus tôt chez Veolia. Celles-ci « ont trouvé leur aboutissement dans les déclarations de Suez, Ardian et GIP du 17 janvier dernier faisant état d'une offre alternative de ces derniers et la décision du conseil d'administration de Suez » de soutenir cette offre.

Depuis des mois, Suez se démène pour éviter d'être racheté par son concurrent Veolia, qui a abattu ses cartes fin août alors qu'un mois plus tôt son actionnaire Engie s'était dit « ouvert » à la cession de ses parts dans Suez.

Mi-janvier, Suez avait annoncé avoir obtenu une offre des fonds français Ardian et américain GIP, pour parvenir à une « solution amicale » avec Veolia, lequel avait immédiatement envoyé une fin de non-recevoir. L'État, passé son soutien initial au projet de rachat par Veolia, a de son côté pris ses distances.

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Début février, le tribunal de Nanterre avait remis Veolia sur la route du rachat de Suez en reconnaissant qu'il n'avait pas à consulter « à ce stade » les instances représentatives de son concurrent pour le racheter.