Rachat de Suez : Veolia augmente une dernière fois son offre

Antoine Frérot a proposé ce mercredi matin de racheter 29,9% des parts de Suez détenues par Engie à 18 euros, contre 15,50 auparavant. Cette offre court jusqu’à minuit.

 C’est l’offre de la dernière chance, dans ce feuilleton qui oppose depuis plusieurs semaines les numéros un et deux mondiaux de l’eau et du traitement des déchets.
C’est l’offre de la dernière chance, dans ce feuilleton qui oppose depuis plusieurs semaines les numéros un et deux mondiaux de l’eau et du traitement des déchets. AFP/Kenzo Tribouillard ; AFP/Eric Piermont

Il fallait s'y attendre. Après les déclarations à l'emporte-pièce de ces derniers jours, jetées dans un climat d'extrême tension, Veolia, par la voix de son président Antoine Frérot, a dévoilé ce mercredi matin une nouvelle offre pour racheter à Engie 29,9 % (sur un total de 32 %) des parts qu'il détient dans le capital de son concurrent Suez.

Alors qu'il proposait initialement 15,50 euros par action, pour un montant global de 2,9 milliards d'euros, l'offre atteint maintenant 18 euros par action, dividendes inclus, soit 3,4 milliards d'euros. « Cette offre est valable jusqu'à ce soir (NDLR : mercredi 30 septembre) minuit, avertit le patron. Après, je retire mes billes. » C'est donc l'offre de la dernière chance, dans ce feuilleton qui oppose depuis plusieurs semaines les numéros un et deux mondiaux de l'eau et du traitement des déchets.

Il semble donc que les pressions de l'exécutif aient porté (partiellement) leurs fruits. « J'ai entendu les préoccupations des pouvoirs publics, et notamment de Bruno Le Maire, réitérées à plusieurs reprises », admet Antoine Frérot. Le ministre de l'Économie plaidait en effet depuis plusieurs jours pour qu'un « accord amical » soit trouvé, et que la foire d'empoigne par médias interposés cesse enfin. Il avait même organisé la veille (mardi), une rencontre entre les parties prenantes : Philippe Varin et Bertrand Camus, respectivement président et directeur général de Suez, d'un côté ; et Antoine Frérot de l'autre. Mais les discussions avaient tourné court, « devant le refus de Veolia de décaler l'échéance du 30 septembre », comme le demandait Suez.

Un délai de 6 mois pour trouver un accord amical…

« Je suis prêt à donner des gages en contrepartie d'efforts semblables de la part de Suez, précise néanmoins Antoine Frérot, ce mercredi matin, en parallèle à sa proposition de renchérissement de son offre. Je ne lancerai pas d'OPA (NDLR : offre publique d'achat) sur les 70,1 % restant du capital de Suez dans les six mois après l'accord, et sans avoir obtenu au préalable un accueil favorable de leur conseil d'administration. » Sans accord après cette date, le patron n'exclut en revanche aucune hypothèse, y compris celle d'une OPA hostile, c'est-à-dire adressée directement aux actionnaires.

Dans la balance, il met également une autre exigence : « La dissolution de la fondation ». Suez avait surpris jusqu'à ses propres salariés la semaine dernière en créant ex nihilo une fondation de droit néerlandais, dotée d'une seule action de son activité Eau France, et destinée à rendre impossible pendant quatre ans toute cession sans accord des actionnaires. De quoi déclencher l'ire d'Antoine Frérot, qui avait qualifié la manœuvre de « pilule empoisonnée », d'« écran de fumée », destinée « à cacher l'absence de toute contre-proposition ».

La balle est donc désormais dans le camp des directions de Suez et d'Engie. A la mi-journée, le premier a annoncé avoir une nouvelles fois repoussé les propositions qualifiées de «floues » faites par Veolia. « La journée va être longue », soupirait un membre de la direction de Veolia, au moment de l'ouverture des marchés boursiers à 9 heures. Une heure plus tard, l'action Suez grimpait de 6,60 % à 15,91 euros, les marchés saluant visiblement le relèvement de l'offre de Veolia pour racheter à Engie ses 29,9 % de parts dans le groupe. Engie, lui, montait de 1,20 % à 11,42 euros tandis que Veolia grappillait 0,63 % à 18,44 euros.