Quand les établissements financiers surfent sur la crise du Covid pour promouvoir l’assurance décès

Alors que le climat est anxiogène en raison de la pandémie, banques et assurances proposent de plus en plus ce produit à leurs clients. Une manière de «profiter de la peur des gens», estiment certains professionnels du secteur.

 Des consignes auraient été données aux salariés des banques pour «vendre ou au moins évoquer le sujet d’une assurance décès à chaque client qui appelle».
Des consignes auraient été données aux salariés des banques pour «vendre ou au moins évoquer le sujet d’une assurance décès à chaque client qui appelle». IStock

« Monsieur, Comment protégez-vous vos proches? Découvrez notre contrat Garantie Décès ». Le texto est signé de… la MACIF. En pleine crise sanitaire, où l'atmosphère ambiante est pesante, et les Français parfois angoissés, les banques et les assurances multiplient les publicités et appels du pied aux particuliers pour qu'ils souscrivent… une assurance décès.

Sur Facebook, la MAIF se vante d'avoir une assurance décès au tarif « parmi les plus bas du marché », dans une publication sponsorisée, le 5 février. « Les organismes semblent vouloir profiter de la peur des gens, appuyer là où ça fait mal, surfer sur la crise. Et à leur propre profit ! Je trouve ça assez vicieux… », tranche Monia, courtière en assurance dans les Yvelines.

Comme son nom l'indique, l'assurance décès permet de laisser un capital à vos proches après votre disparition. Vous pouvez désigner les bénéficiaires, qui utiliseront l'argent comme ils le souhaitent. Une manière, en somme, d'assurer l'avenir de ses proches en cas de décès soudain, ou d'une invalidité permanente liée à un accident de la vie.

« Les taux d'intérêt sont tellement bas, que les banques se tournent vers les contrats d'assurance pour générer des bénéfices », souligne Astrid Cousin, porte-parole de Magnolia, comparateur en ligne.

«Évidemment, c'est parce que cela nous fait gagner de l'argent»

Difficile d'avoir des chiffres précis pour l'instant. Mais les consignes semblent données aux salariés. Un conseiller d'une caisse régionale du Crédit Agricole dit avoir reçu pour instruction de « vendre ou au moins évoquer le sujet d'une assurance décès à chaque client qui appelle, explique-t-il. Évidemment, c'est parce que cela nous fait gagner de l'argent et que vu le contexte, les particuliers sont susceptibles de dire oui… »

Chargée de veiller aux bonnes pratiques des banques et des assurances, l'Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR) rappelle que « le marché est croissant. Il appartient aux organismes et à leurs intermédiaires d'orienter les clients vers les contrats adéquats après avoir recueilli correctement leurs besoins ».