Prix de l’électricité : jusqu’à 55 euros de plus par an à cause des taxes locales

Alors que les tarifs régulés augmentent ce lundi, la refonte du système des taxes locales va également faire flamber la facture d’électricité dans près d’un quart des communes françaises.

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 Depuis janvier, les prix de l’électricité subissent une succession de hausses.
Depuis janvier, les prix de l’électricité subissent une succession de hausses. LP/Arnaud Journois

Ce 1 er février la nouvelle hausse des tarifs réglementés de vente de l'électricité de 1,6 % pour les particuliers entre en application. Elle intervient afin que les tarifs couvrent, comme la loi l'exige, les coûts de production. Sauf que cette nouvelle augmentation n'arrive malheureusement pas seule. La taxe de transport de l'électricité, le TURPE (tarif d'utilisation du réseau public d'électricité), qui pèse pour plus d'un tiers sur la facture d'électricité des ménages français, va elle aussi augmenter. De quoi là aussi renchérir la facture à partir du 1 er août prochain, pour monter progressivement en puissance et atteindre une quinzaine d'euros par ménage et par an dès 2024.

Mais ce n'est pas tout ! Une autre hausse vient alourdir la facture : l'augmentation de la Taxe locale sur la consommation finale d'électricité (TICFE). Vous ne la connaissez pas ? C'est pourtant l'une des quatre grandes taxes intervenant dans la composition des prix de l'électricité. Parce que ce serait trop simple sinon, cette taxe locale est divisée en deux sous-taxes : une part communale (ou destinée au syndicat de communes local), qui a rapporté 1,4 milliard d'euros en 2020 ; et une autre part départementale, qui elle a rapporté pas moins de 715 millions.

Prix de l’électricité : jusqu’à 55 euros de plus par an à cause des taxes locales

Jusqu'au 1er janvier, pour calculer cette taxe, les collectivités avaient en gros le choix entre six taux, qui allait de 0 % jusqu'à 8,5 %. Désormais, les pouvoirs publics entendent ne conserver qu'un seul taux. Pour simplifier le processus de collecte de cette taxe, mais également pour… en gagner un peu plus. Car évidemment, le taux retenu pour s'appliquer à toutes les collectivités à partir de 2023 sera le plus élevé. Soit le taux plafond de 8,5 %. A cette date, la gestion de la collecte sera alors entièrement assurée par la Direction générale des finances publiques.

Plus de 7000 communes sont concernées

D'ici là, l'uniformisation se fera en trois étapes. « La première est déjà en cours puisqu'il s'agissait de supprimer les deux coefficients les plus petits, 0 et 2 % », explique David Beauvisage, secrétaire général des services à la FNCCR (Fédération nationale des collectivités concédantes et régies). Les 1824 communes qui appliquaient l'un ou l'autre de ces taux ont automatiquement basculé sur le coefficient supérieur : 4 %. « En 2022, ce coefficient sera lui-même supprimé, pour un basculement vers le coefficient supérieur, celui de 6 %, reprend cet expert des collectivités. Enfin en 2023, les deux coefficients suivants, 6 et 8 % seront également supprimés et l'ensemble des communes seront alors toutes logées à la même enseigne. » Résultat : la taxe locale ne sera plus si locale que ça, puisqu'il n'y aurait dès lors plus de modulation géographique des tarifs.

Cette taxe dépendra ainsi uniquement de notre consommation, et non plus de l'endroit où nous habitons. Si 78 % des communes appliquaient déjà ce taux plafond, c'est donc les 22 % restantes, soit 7 608 communes, réparties dans 13 départements (dont les Alpes-Maritimes, le Gard ou le Morbihan) qui seront directement impactées, mais à différents niveaux. Cela se traduira par une augmentation de quelques dizaines de centimes d'euros, jusqu'à 55 euros en moyenne par an et par foyer, pour ceux qui étaient au taux plancher de 0 %.