Pouvoir d’achat : 2020, une année noire pour les Français

Le projet de loi de finances présenté ce lundi a entériné une baisse du pouvoir d’achat de 0,5% en 2020.

 Après trois années de hausse, le pouvoir d’achat des ménages a baissé en 2020.
Après trois années de hausse, le pouvoir d’achat des ménages a baissé en 2020. LP/Arnaud Journois

Le projet de loi de finances (PLF) pour 2021, présenté ce lundi, a entériné une chute du pouvoir d'achat des Français de 0,5% cette année. « C'est une baisse inédite », concède Olivier Dussopt, le ministre en charge du Budget. Après trois années de hausses (+1,7% en 2017, +1,3% en 2018 et +2,1% en 2019), portées notamment par des baisses d'impôts en faveur des ménages, le recul est sensible.

« Il est lié aux destructions d'emplois, à la baisse d'activité de certains Français qui ont vu leur mission s'arrêter depuis le début du confinement, déplore le ministre du Budget. Il s'agit d'un tassement, d'une érosion. Avec la prise en charge du chômage partiel, pendant et après le confinement, nous avons mis en place les outils de protection des revenus jugés les plus efficaces en Europe. »

A ses côtés, Bruno Le Maire, le ministre de l'Economie, enfonce le clou : « On nous a reproché de ne pas avoir soutenu la demande, mais le chômage partiel, qui a coûté 31 milliards d'euros à l'Etat depuis le début de la crise, est un outil de soutien à l'emploi, donc à la demande. D'ailleurs, les ménages français ont épargné 85 milliards d'euros depuis le début de la crise. »

Pouvoir d’achat : 2020, une année noire pour les Français

Bercy veut rester optimiste : « Pour nous, c'est une baisse très conjoncturelle, nous prévoyons un rebond de 1,5% du pouvoir d'achat dès 2021 », assure Olivier Dussopt. Dans l'opposition, certains déplorent toutefois le faible nombre de mesures consacrées au pouvoir d'achat des ménages dans le budget 2021. Mis à part les aides à la rénovation énergétique ou à l'achat d'un véhicule propre, peu de dispositifs sont prévus pour stimuler la consommation.

« Le gouvernement aurait pu faire davantage pour inciter les Français à dépenser leur épargne de précaution, regrette Eric Woerth, le président (LR) de la commission des Finances. Il est vrai que de nombreuses mesures d'urgence en faveur des ménages ont déjà été prises ces derniers mois, comme la revalorisation de l'allocation de rentrée scolaire. Mais je pense que le gouvernement aurait pu mettre en place des actions ciblées comme des bons de réductions ou des tickets-restaurants. »