Pour sa première apparition publique, Ghosn présente un programme universitaire de son cru

L’ex-PDG de Renault Nissan se lance dans la formation au Liban, où il s’est réfugié, afin dit-il, de « servir le pays et la société ».

 Carlos Ghosn a refusé de répondre aux questions en lien avec ses déboires judiciaires ou le procès au Japon de son ancien collaborateur chez Nissan, l’Américain Greg Kelly.
Carlos Ghosn a refusé de répondre aux questions en lien avec ses déboires judiciaires ou le procès au Japon de son ancien collaborateur chez Nissan, l’Américain Greg Kelly. AFP/ANWAR AMRO

Pour sa première apparition publique depuis des mois, le magnat de l'automobile déchu a refusé de répondre aux questions concernant sa rocambolesque fuite du Japon. Carlos Ghosn, installé au Liban depuis le mois de décembre, après 130 jours en détention au Japon, a dévoilé ce mardi un partenariat avec une université locale pour monter des programmes de formation.

L'ancien PDG de Renault-Nissan, qui est arrivé fin 2019 à Beyrouth pour fuir des accusations de malversations financières, était ce mardi à l'Université Saint-Esprit de Kaslik (USEK), au nord de Beyrouth, pour présenter un partenariat avec l'établissement. Dans son pays d'origine, il avait tenu en janvier une conférence de presse très médiatisée pour dénoncer un « coup monté », mais depuis il fait profil bas.

Carlos Ghosn a cette fois refusé de répondre aux questions en lien avec ses déboires judiciaires ou le procès au Japon de son ancien collaborateur chez Nissan, l'Américain Greg Kelly.

Une session de formation en tête à tête avec Ghosn

« Je ne vais pas dévier cette conférence de son sujet et son sujet c'est l'USEK », a répété cet ex-PDG au teint bronzé. Il a évoqué trois programmes de formation qui seront montés en collaboration avec l'USEK et devraient débuter en mars. Le premier, se voulant comme « le meilleur du Liban mais aussi dans la région », est destiné aux cadres d'entreprises. Le deuxième concerne un centre de formation sur les nouvelles technologies, et le troisième apportera un soutien aux start-up et aux entrepreneurs.

Les participants bénéficieront notamment d'une session de conseil en tête à tête avec Calors Ghosn, et recevront à la fin du cursus un certificat signé par l'homme d'affaires et l'université USEK. « Nous voulons prouver […] que nous sommes de formidables entrepreneurs, particulièrement à ce moment où le pays en a vraiment besoin », a-t-il expliqué, assurant qu'un des objectifs est de « servir le pays et la société ».

15 à 20 cadres libanais ou du Proche-Orient

Selon l'agence de presse Reuters, qui le cite, des entrepreneurs étrangers tels que le directeur général de Jaguar et de Land Rover Thierry Bolloré ou Ken Curtis, l'ex-vice président de Goldman Sachs auraient déjà donné leur accord pour participer à titre gracieux à ses formations de courte durée. Ces formations sont destinées à 15 à 20 cadres supérieurs libanais et venus du Proche-Orient, précise l'agence.

Depuis un an le Liban est en plein effondrement économique. La livre libanaise connaît une dépréciation inédite, tandis que le pays a connu des licenciements massifs et des baisses de salaires. Plus de la moitié des Libanais vivent désormais dans la pauvreté, selon des statistiques officielles.