Pôle emploi va renforcer la sécurité de ses conseillers

L’opérateur public va renforcer la sécurité de ses agences, une semaine après le drame qui l’a frappé à Valence avec le meurtre d'une conseillère.

 Les directions régionales de Pôle emploi auront la possibilité de recourir, si nécessaire, à des sociétés de sécurité privées.
Les directions régionales de Pôle emploi auront la possibilité de recourir, si nécessaire, à des sociétés de sécurité privées.  LP/Jean-Baptiste Quentin

La direction de Pôle emploi a annoncé mercredi qu'elle allait renforcer la sécurité de ses conseillers, une semaine après le meurtre d'une de ses employées, froidement abattue par un ingénieur sans emploi de 45 ans à Valence (Drôme). Après le drame, un soutien psychologique avait été proposé aux agents et le lendemain, les quelques 900 agences étaient restées fermées.

« Le drame de Valence va nous conduire à renforcer nos travaux pour assurer encore plus la sécurité », a déclaré mercredi le directeur général adjoint Paul Bazin, lors d'un point presse téléphonique, à l'issue d'un comité social et économique central (CSEC), consacré à la tragédie. « Rien n'aurait permis d'anticiper et encore moins d'empêcher (ce drame)», a-t-il ajouté, précisant que le meurtre a suscité l'« effroi » parmi les 55.000 agents de Pôle emploi.

« A court terme, nos directeurs régionaux ont la possibilité de mettre en place, lorsque la situation de l'agence le nécessite, des agents de sécurité privée qui peuvent contrôler les entrées », a-t-il notamment indiqué.

La politique de suivi des signalements d'incidents sera également renforcée et simplifiée et le dépôt de plaintes sera appuyé plus systématiquement. Paul Bazin a évoqué un renforcement de la formation des managers et conseillers, ainsi qu'une accélération des diagnostics de sûreté des agences réalisés par les forces de l'ordre.

Rappelant les mesures de sécurité déjà en place, la direction cite la formation de près de 10.000 agents à la gestion des tensions, la présence de boutons sur chaque ordinateur pour alerter en cas de problème, ou encore le système de fiches de signalement pour gérer les situations d'agression. Des demandeurs d'emploi peuvent aussi se voir interdire d'agence.

9 000 signalements et 223 plaintes en 2020

Pôle emploi a recensé « un peu plus de 9.000 signalements » d'agressions ou incivilités en 2020, année « atypique » du fait de la crise sanitaire en raison notamment des confinements. C'est moins qu'en 2019 où le chiffre était de 10.000.

Parmi les signalements, moins de 7 % concernent des menaces verbales graves et moins de 1 % des actes de violence physique, le reste pouvant être des écarts verbaux ou impolitesses. L'ensemble des signalements représente 0,2 % des visites (6,3 millions) en agence et moins de 0,05 % des appels téléphoniques (19 millions), souligne la direction, précisant que ces faits ont débouché sur 233 plaintes en 2020.

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Représentant du premier syndicat de l'opérateur, David Vallaperta (CFDT) juge que les mesures de sécurité annoncées vont « plutôt dans le bon sens », et salue le fait de revoir le fonctionnement du système de signalement interne. Mais il ajoute avoir alerté la direction sur le besoin d'un travail d'accompagnement des agents car un sentiment de peur s'est « incrusté ».

De son côté Sébastien Socias (FO) estime que « rassurer les agents et prendre des mesures de sécurité, oui, mais il faut analyser les causes de la montée des tensions ». Il évoque des « problèmes liés à l'indemnisation des demandeurs d'emploi » et une montée « non négligeable » des signalements depuis le drame via une sorte « d'effet boule de neige ». Il met en garde contre le risque de voir « les mêmes conséquences » se reproduire faute d'analyse.

Pour le SNU, Michel Breuvart estime ce plan « insuffisant », plaidant notamment pour des réponses fortes pour mettre un terme aux insultes subies par les agents sur les réseaux sociaux.