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Plan de relance économique : les trois leviers clés de Bercy

Prêts participatifs, labels «Relance», implication de Bpifrance… Le gouvernement entend déployer trois instruments d’ici à la fin de l’année pour renforcer son soutien aux entreprises malmenées par la crise.

 Bercy veut soutenir davantage les entreprises  à travers des prêts participatifs, des fonds d’investissement et un renforcement des moyens de la banque publique d’investissement Bpifrance.
Bercy veut soutenir davantage les entreprises à travers des prêts participatifs, des fonds d’investissement et un renforcement des moyens de la banque publique d’investissement Bpifrance. LP/Olivier Corsan

Comment aider les entreprises à surmonter cette crise sans précédent? C'est tout l'objet du plan de relance présenté par le Premier ministre Jean Castex dans un entretien au Figaro, et qu'il précisera sur RTL ce jeudi matin à 7h35.

Selon nos informations, ce plan, fruit de plusieurs mois de travail, est bâti autour de trois instruments clés, trois leviers pour répondre le plus concrètement et le plus rapidement possible aux besoins en fonds propres des entreprises françaises et plus particulièrement les petites et moyennes entreprises (PME) et les entreprises de taille intermédiaire (ETI). « Il s'agit de soutenir davantage celles qui en ont le plus besoin à travers des prêts participatifs, des fonds d'investissement labellisés « Relance » et un renforcement des moyens de la banque publique d'investissement Bpifrance », souffle-t-on à Bercy.

Des prêts participatifs pour une durée de 7 ans

Premier levier, les prêts participatifs prendront la forme de prêts de long terme, d'une durée de 7 ans minimum. Ils seront accordés par les banques pour pérenniser et développer l'activité des entreprises d'ici à la fin de l'année. Ils se différencient des prêts garantis par l'Etat (PGE) lancés fin mars qui ont pour objectif de soutenir ponctuellement la trésorerie des entreprises les plus touchées par la crise. Plus de 117 milliards d'euros ont été accordés ces cinq derniers mois à près de 566 700 entreprises.

Plan de relance économique : les trois leviers clés de Bercy

Ouverts à tous, ces prêts participatifs peuvent venir en complément des PGE dont la durée est limitée à 6 ans (dont une année blanche). « Ces prêts participatifs doivent permettre de renforcer les fonds propres des entreprises en difficulté, sachant que ce prêt devrait être remboursé en dernier ressort selon un taux qui pourrait être variable et tenir compte par exemple de la santé financière de l'entreprise », souligne une bonne source au ministère de l'Economie et des Finances.

Leur enveloppe n'est pas encore fixée, mais elle devrait avoisiner les 10 à 20 milliards d'euros (contre 300 milliards pour les PGE). De même, les contours (conditions d'octroi, taux…) de ces prêts participatifs ne seront connus que « début octobre compte tenu des discussions toujours en cours avec les banques » avant d'intégrer le projet de loi de finance 2021.

Création de fonds labellisés «Relance»

Deuxième levier, la création de fonds labellisés « Relance ». C'est à travers ce label de confiance que le gouvernement espère réorienter l'épargne des Français vers l'économie réelle. « On estime que les ménages ont eu le réflexe d'épargner 80 milliards d'euros pendant la crise et on atteindra sans doute les 100 milliards d'ici à la fin de l'année, précise cette même source. Notre objectif est de faire en sorte que cet argent finance plusieurs milliers d'entreprises et leur permette d'enjamber cette crise ».

Pour obtenir ce label, les fonds d'investissement devront respecter un cahier des charges précis (toujours en discussion avec les banques et assureurs) répondant à des critères environnementaux (développement durable), sociaux (engagements en matière d'emploi) et de gouvernance (parité homme-femme…). Pour inciter les particuliers à y placer leurs liquidités, le gouvernement prévoit d'accorder « une garantie partielle » aux fonds labellisés. Accordée par Bpifrance, cette garantie permettra de limiter la prise de risque de l'investisseur, quasi assuré de retrouver son argent à terme. Ces fonds devraient être accessibles directement ou par le biais d'un contrat d'assurance vie, d'épargne salariale ou d'un PEA.

Plus de moyens pour Bpifrance

Enfin troisième et dernier levier, Bpifrance va bénéficier de dotations budgétaires substantielles supplémentaires. Cette somme, qui sera inscrite au projet de loi de finances 2021, doit lui permettre d'amplifier son soutien aux entreprises innovantes et en difficulté qui peinent à se financer.

La banque publique, qui doit communiquer la semaine prochaine sur le sujet, prévoit notamment d'accompagner davantage d'entreprises « vertes » (énergies décarbonées, développement durable…)