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Et si les Pays de la Loire avaient leur RER ?

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L’idée a refait surface en mars, à la faveur d’un nouveau schéma directeur (« Étoiles ferroviaires et services express métropolitains »), remis par SNCF Réseau au gouvernement : à l’instar de l’Île-de-France, d’autres territoires pourraient-ils se doter d’un RER ? Si le document n’a, selon son auteur Matthieu Chabanel, « aucune ambition prescriptive », il a fait naître des envies du côté des Pays de la Loire. Nantes, Angers et Le Mans font en effet partie des sites ciblés, notamment grâce à une particularité : « Ces trois métropoles possèdent des étoiles ferroviaires avec des trafics denses en heure de pointe. Cela suscite naturellement des réflexions sur la manière d’utiliser la desserte des trains régionaux pour alimenter l’offre de transports », explique Roch Brancour, vice-président en charge des Transports et de la mobilité pour la région. Un enjeu d’autant plus intéressant que le ferroviaire est encore trop peu utilisé (seulement 10% de la part des déplacements urbains), alors qu’il demeure l’un des transports les plus écologiques (30 fois moins de CO2 qu’une voiture).

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Des infrastructures à repenser

La mise à profit du schéma en étoile dans le cadre d’un réseau express régional a longtemps été mise en avant par les fédérations d’usagers, particulièrement en Pays de la Loire. Alors, qu’est-ce qui rend ce projet plus réaliste aujourd’hui qu’hier ? « Le contexte joue clairement un rôle d’accélérateur. Les lois NOTRe, puis LOM ont donné des outils aux collectivités pour travailler en collaboration sur la question ferroviaire. Elles ont aussi confié à la région le rôle de chef d’orchestre des mobilités inter-urbaines », confirme Roch Brancour. De quoi fluidifier les échanges entre partenaires et proposer des objectifs stratégiques globaux, à long terme.

Car transformer un réseau de TER en SEM ne se fait pas sans investissement durable en termes d’infrastructure. « C’est sur ce point que se situe le principal enjeu. Dans les gares de Nantes et Angers, par exemple, on a déjà un système qui est saturé en heure de pointe. Pour augmenter l’offre, il faut faire des travaux sur la signalisation, les points de croisement ou les voies », détaille Roch Brancour. Qu’il s’agisse de placer deux trains nez à nez sur une voie ou de changer les terminus (la « diamétralisation »), les chantiers sont importants. Sur ce dernier point, deux branches ont déjà été diamétralisées dans le réseau nantais.

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Objectif 2030 ?

Actuellement, les rotations oscillent entre une demi-heure et une heure, voire plus sur les créneaux d’heures creuses en journée et le week-end. « On peut d’ores et déjà travailler sur l’augmentation du nombre de trains à infrastructure constante en augmentant la fréquence sur ces plages horaires », estime Roch Brancour. Les premières études ont déjà été menées dans le cadre de la stratégie de mobilité qui devrait être votée par le conseil régional d’ici la fin de l’année.

Avant d’envisager des rotations à 15 minutes, il faut donc d’abord régler toutes les lignes sur un créneau de 30 minutes. Et d’autres facteurs entrent en ligne de compte : « Si les coûts d’exploitation d’une ligne ne baissent pas, nous aurons du mal à faire circuler plus de trains. C’est l’une des raisons pour lesquelles nous sommes engagés dans une ouverture à la concurrence », précise Roch Brancour. Si le processus se déroule sans accroc, la région espère passer à 30 minutes de rotation sur les réseaux de Nantes, Angers et Le Mans d’ici 2030. Le service express métropolitain des Pays de la Loire n’est donc pas tout à fait sur les rails, mais il semble avoir pris la bonne voie.