Nouvelle cession en vue pour Dim, les syndicats «vigilants»

Mardi, le groupe Hanes, a qui appartient la marque française de sous-vêtements, a annoncé “des projets visant à explorer des alternatives stratégiques pour ses activités sous-vêtements en Europe”.

En 2015, les salariés de DIM avait subi un important plan social.
En 2015, les salariés de DIM avait subi un important plan social. JEAN-PHILIPPE KSIAZEK

Une annonce qui inquiète. Les syndicats de la marque emblématique de sous-vêtements Dim et la mairie d’Autun (Saône-et-Loire) se sont dits « vigilants », mercredi, après l’annonce de sa cession par la maison-mère américaine Hanes. Lors de la publication de ses résultats trimestriels, mardi aux États-Unis, le groupe Hanes (marques Champion, Playtex, Wonderbra…) a annoncé « des projets visant à explorer des alternatives stratégiques pour ses activités sous-vêtements en Europe », selon le communiqué boursier.

Le même jour, les syndicats de Dim ont eu confirmation d’un recentrage sur les États-Unis et d’une vente de Hanes Europe, qui comprend notamment les marques Dim en France et Nur Die/Nur Der en Allemagne. Les activités européennes de Hanes emploient environ 2500 personnes, dont 1200 en France et 650 à Autun. Hanes emploie dans le monde 68000 salariés pour un chiffre d’affaires de 6,5 milliards de dollars en 2017 (5,4 milliards d’euros).

Dim a souvent changé de mains ces dernières années

« La direction nous a fait savoir qu’il y aurait une vente du groupe européen », a déclaré à l’AFP Frédéric Besacier, secrétaire du comité européen de Hanes et délégué central CFE-CGC sur le site de Dim à Autun. Mais « on n’en est encore aux prémices », a-t-il précisé. « L’opération va prendre entre 9 et 18 mois », a indiqué à l’AFP Luc Marti, secrétaire du CSE central de Hanes France. « Il est trop tôt pour s’inquiéter », a assuré le délégué CFTC, soulignant que les salariés de Dim ont « l’habitude » des cessions, la marque française ayant changé de mains « cinq fois ».

« Mais c’est vrai qu’on part dans l’inconnu : va-t-on pouvoir être vendu dans cette période de crise pandémique ? », s’est cependant interrogé M. Marti. « Cela fait vingt ans qu’on subit des plans, on est un peu fataliste », a ajouté M. Besacier. « C’est un peu inquiétant une cession dans ce contexte mondial mais tout dépend de l’acheteur ». Le maire d’Autun, Vincent Chauvet (Modem) s’est quant à lui dit « vigilant mais pas paniqué ». « Dim est le fleuron de Hanes Europe, il est rentable et c’est une marque très forte. Je n’ai aucun doute que ça peut intéresser », a-t-il dit à l’AFP.

Fondée en 1956, Dim était d’abord une petite société de bonneterie fabriquant des bas chics et pas chers commercialisés à l’origine sous la marque « Bas Dimanche ». Devenue symbole du « Made in France », elle se revendique première marque de sous-vêtements française. La société comptait plus d’un millier de salariés il y a dix ans avant de subir plusieurs changements de propriétaires. En 2014, elle était cédée à Hanes au bout de deux ans de négociations. Un plan de restructurations avait suivi avec la suppression de 265 emplois.