Les petits commerçants veulent rouvrir le jour du Black Friday

Alors que le Premier ministre a évoqué une possible réouverture des commerces non essentiels le 1er décembre, les commerçants militent pour avancer cette date au 27 novembre, au nom de l’équité.

 Les petits commerçants rêvent de pouvoir ouvrir dès le 27 novembre pour concurrencer les géants du web lors du Black Friday.
Les petits commerçants rêvent de pouvoir ouvrir dès le 27 novembre pour concurrencer les géants du web lors du Black Friday. LP/Olivier Arandel

En entendant Gérard Larcher, le président LR du Sénat sur RTL, ce dimanche 15 novembre, Francis Palombi, le président de la confédération des commerçants de France (qui représente 450 000 entreprises et un million d'emplois) s'est « délecté de satisfaction : je me félicite de ces propos justes et de ce jugement équitable », applaudit-il.

Quelques instants plus tôt, interrogé par RTL-Le Figaro-LCI, Gérard Larcher plaidait pour que le 27 novembre, qui sera celui du Black Friday avec des promotions massives des plates-formes de commerce en ligne, soit plutôt un « Solidarity Friday » (traduisez : vendredi de la solidarité) au cours duquel les Français réserveraient « une partie de leurs achats » pour les commerces de proximité, que ce soit ce jour-là ou dans les jours suivants.

« Si seulement ces propos pouvaient atteindre et convaincre l'hôte du Château qui, lui, ne semble pas concerné par cette inégalité de traitement entre petits et gros, entre commerces physiques et e-commerce », espère Francis Palombi. Cela étant pour ce défenseur des petits commerçants, viser le 1er décembre comme jour de réouverture des librairies, magasins de jouets ou de vêtements est encore trop tard.

En annonçant jeudi le maintien du confinement pour au moins deux semaines, le Premier ministre Jean Castex avait pourtant fixé cet horizon-là comme possible date de réouverture des commerces dits non-essentiels. « Mais le 1e décembre est un mardi et attendre ce jour-là pour rouvrir nous ferait perdre un week-end précieux, celui de fin novembre, alors même que tous ceux qui peuvent vendre en ligne vont rafler la mise », s'enflamme Francis Palombi. D'où l'idée, plaidée par lui à Bercy notamment, de lever le rideau dès le 27 novembre, afin d'être opérationnel le jour du Black Friday — Bruno Le Maire, le ministre de l'Economie, a redit récemment qu'il ne pouvait être question d'interdire cet événement commercial privé.

Etaler la fréquentation dans les magasins

Rouvrir le 27… le délégué général du Procos (300 grandes enseignes et 850 000 emplois), Emmanuel Le Roch, applaudit. « Bien sûr, tout ce qui va dans le sens de la solidarité avec les petits commerçants est positif, mais pourquoi attendre le 1er ? », interroge lui aussi celui qui place son analyse sur le terrain commercial mais également sanitaire. « On sait que le virus ne partira pas en quelques semaines, or ouvrir fin novembre nous permettrait de répartir les achats de Noël sur un week-end de plus, et donc d'étaler la fréquentation dans nos magasins, ce qui ne peut qu'être positif ». Un argument qui a fait mouche à Bercy, jure-t-il, mais quid de Matignon, qui arbitre en dernier ressort sur ces dossiers hautement sensibles ? Francis Palombi comme Emmanuel le Roch le jurent de concert : ce combat-là, ils croient pouvoir le porter avec succès.

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