Le Maire chiffre le couvre-feu à un milliard d’euros

Un reconfinement dans les zones où le virus circule activement aurait coûté cinq fois plus, selon le ministre de l’Économie.

 Le ministre de l’Économie estime que le couvre-feu est préférable à un reconfinement « qui serait insupportable psychologiquement, socialement et pour les finances publiques. »
Le ministre de l’Économie estime que le couvre-feu est préférable à un reconfinement « qui serait insupportable psychologiquement, socialement et pour les finances publiques. » REUTERS

Le couvre-feu sera en place dès samedi dans plusieurs métropoles dont Paris va peser lourd sur les finances publiques.

Bruno Le Maire, le ministre de l'Économie a sorti, sur BFM TV, sa calculette pour chiffrer les nouvelles aides, annoncées jeudi, à la restauration, à la culture ou encore au sport pendant toute la durée du couvre-feu.

Selon Bruno Le Maire, toutes ces mesures représentent « une somme très importante » estimée à un milliard d'euros.

Toutefois, le ministre de l'Économie juge que « si nous procédions à un vrai reconfinement dans les zones où le virus circule activement, le coût serait de l'ordre de 5 milliards d'euros. Si nous avions un reconfinement généralisé, le coût serait, en fonction de la réaction du monde économique, de 15 à 20 milliards d'euros par mois. »

«Le reconfinement général serait insupportable »

Et d'ajouter : « Je préfère de loin que nous prenions des mesures fortes, rapides, circonscrites, immédiates et que nous soutenons, comme nous l'avons annoncé hier, fortement les secteurs qui sont le plus concernés plutôt que d'être dans cette situation de reconfinement général qui serait insupportable psychologiquement, socialement et pour les finances publiques. »

Le ministre de l'Economie a également répondu à Roselyne Bachelot qui dans notre journal plaide pour un assouplissement pour les spectacles. « Je suis contre toute exemption, a-t-il expliqué. Ce qui fait la force d'une règle, c'est sa clarté, sa simplicité. Si vous commencez à multiplier les exemptions (...) on ne va pas s'en sortir ».

C'est le Premier ministre Jean Castex qui doit arbitrer entre les deux ministres ce vendredi.

Pour rappel, toutes les entreprises de moins de 50 salariés qui sont installées dans les zones de couvre-feu et qui ont subi une perte de 50 % de leur chiffre d'affaires pourront bénéficier d'une aide allant jusqu'à 1 500 euros et cela tant que le couvre-feu durera.

Pour les entreprises de moins de 50 salariés, l'aide du fonds de solidarité pourra aller jusqu'à 10 000 euros dès lors qu'elles subissent une perte de chiffre d'affaires d'au moins 50 % et non plus une perte de chiffre d'affaires de 70 % comme c'était le cas jusqu'à aujourd'hui.

Le Parisien
Le Parisien  

En outre, toutes les entreprises fermées administrativement bénéficieront d'une exonération totale de leurs cotisations sociales patronales jusqu'à la fin du couvre-feu. S'agissant des cotisations sociales salariales, le gouvernement apportera une aide jusqu'à 20 % de la masse salariale qui permet de couvrir totalement le poids des charges sociales pour les entrepreneurs concernés.

À cela s'ajoute, pour toutes les entreprises ayant besoin de trésorerie la possibilité de bénéficier du prêt garanti par l'Etat dont le montant maximal est fixé à 25 % du chiffre d'affaires 2019. Ces prêts garantis par l'Etat étaient disponibles jusqu'au 31 décembre 2020. Ils seront désormais accessibles jusqu'au 30 juin 2021. L'Etat a aussi mis en place des prêts directs par l'Etat pour les entreprises les plus en difficultés qui sont prolongés jusqu'au 30 juin 2021.

Enfin, le gouvernement va recevoir les secteurs les plus touchés qui demandent des mesures spécifiques pour les aider à payer des loyers, la mise en place d'un nouveau régime d'assurance pour les entreprises en cas de catastrophe sanitaire impliquant une fermeture administrative…