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Le Futuroscope investit massivement malgré la crise

Inauguré en 1987, le parc poitevin entend diversifier son offre et acquérir une « envergure européenne ». Près de 300 millions d’euros vont être injectés en une décennie.

 Parmi les nouveautés à venir dans le célèbre parc d’attractions, l’hôtel Station Cosmos (vue d’architecte).
Parmi les nouveautés à venir dans le célèbre parc d’attractions, l’hôtel Station Cosmos (vue d’architecte). Futuroscope

Près de 300 millions d'euros d'investissements sur dix ans, 650 000 visiteurs supplémentaires et un chiffre d'affaires augmenté de 75 % : le Futuroscope voit grand, très grand. Les principaux actionnaires du plus vieux parc d'attractions français étaient réunis lundi à Poitiers (Vienne) pour dévoiler les contours de ce programme destiné à lui donner « une envergure européenne ».

Et si le Futuroscope accuse déjà des pertes de l'ordre de 50 millions d'euros liées à la pandémie de Covid-19, ses promoteurs n'entendent officiellement rien changer à leurs plans. « Il n'y a pas de temps à perdre. La concurrence est là. Il y aura un rebond et des temps meilleurs », estime ainsi Dominique Marcel, le PDG de la Compagnie des Alpes, l'actionnaire majoritaire du parc poitevin.

« La décision a été prise durant le confinement. Il fallait absolument être au rendez-vous pour soutenir l'économie. Un parc d'attractions, c'est aussi des emplois pour les jeunes et les entreprises du territoire », assure de son côté Eric Lombard, le PDG de la Banque des territoires, autre actionnaire du parc.

Cet optimisme revendiqué est à comparer aux ambitions du Futuroscope qui entend diversifier et « densifier » son offre pour attirer plus de visiteurs et les conserver plus longtemps sur le site.

Pour y parvenir, le parc compte développer trois attractions majeures en cinq ans capables d'embarquer 1000 personnes à l'heure. Chasseurs de tornade, la première de ces machines estimées à 20 millions d'euros pièce ouvrira au printemps 2022. Le Futuroscope souhaite également développer son offre hôtelière avec un programme de 200 chambres familiales, thématisées et haut de gamme. La Station Cosmos plongera sa clientèle dans un monde galactique quand un « Eco Lodgee » proposera des hébergements insolites dans un cadre naturel reconstitué.

Parc aquatique et réalité virtuelle

L'autre surprise a été baptisée Aquascope, soit un parc aquatique capable d'attirer 500 000 visiteurs à l'année. L'idée est de « coupler l'eau à l'image ou encore à la réalité virtuelle », soit une offre respectant « l'ADN du Futuroscope » tout en diversifiant ses propositions susceptibles de maintenir sa clientèle plus longtemps sur le site. « Nous avons une volonté de transformer le produit avec une stratégie offensive pour devenir une destination de courts séjours », résume Rodolphe Bouin, le président du directoire du Futuroscope.

Dans la Vienne, « cet effort d'investissement sans précédent » est clairement applaudi et attendu, particulièrement en temps de crise sanitaire. « Le Futuroscope est une vitrine, le cœur du réacteur du département, estime Bruno Belin, le président du conseil départemental. Derrière cette aventure, dans cette période d'inquiétude et sans visibilité, c'est tout un pan de l'économie locale qui a besoin de ces financements. »