La ville de Vendôme vend son nom à LVMH pour 10000 euros

La commune du Loir-et-Cher s’apprête à céder au groupe de luxe le droit d’utiliser sa «marque» pour de futurs bijoux. Un choix qui fait débat.

 Le maire Laurent Brillard assure qu’en cédant la marque Vendôme, « il ne s’agit pas de vendre la ville, mais de renforcer les liens » avec Vuitton.
Le maire Laurent Brillard assure qu’en cédant la marque Vendôme, « il ne s’agit pas de vendre la ville, mais de renforcer les liens » avec Vuitton. AFP/Nicolas Thibaut

Le conseil municipal de la troisième ville du Loir-et-Cher a approuvé la décision par 29 voix sur 33. Le groupe Louis Vuitton Moët Hennessy (LVMH) va acquérir pour 10 000 euros la « marque » Vendôme pour ses produits de joaillerie. Une cession de droits par la municipalité qui ne manque pas de provoquer quelques vagues.

Outre la vente elle-même, c'est le prix symbolique qui fait tiquer des internautes, et l'opposant écologiste à la mairie, Florent Grospart, qui le compare au chiffre d'affaires de LVMH, (propriétaire du Parisien - Aujourd'hui en France), qui a atteint 44,7 milliards d'euros en 2020.

Pour le maire de Vendôme, Laurent Brillard (UDI), « il ne s'agit pas de vendre la ville, mais de renforcer les liens » avec le maroquinier Vuitton, déjà propriétaire d'un bâtiment historique du centre-ville, où s'est installé un atelier de confection de sacs en cuir. L'industriel ouvrira par ailleurs une usine au nord de la ville l'été prochain.

Des emplois et du rayonnement

« Vendôme est extrêmement gagnant de la venue de Vuitton. Et là, on récupère 10 000 euros supplémentaires pour un nom qu'ils auraient pu utiliser de toute façon », rappelle l'édile, qui mise sur 500 emplois à terme.

De fait, la marque Vendôme, aux accents aristocratiques, est régulièrement utilisée, dans l'hôtellerie, l'immobilier, les cosmétiques, sans que la ville en retire des royalties.

Même à 10 000 euros, c'est une très bonne nouvelle pour Florent Colliau, dirigeant d'une PME locale d'éclairage, qui estime que Vuitton va faire rayonner Vendôme « partout dans le monde grâce à un marketing qu'aucune ville ne peut se payer ». Pas convaincu, l'opposant Florent Grospart déplore pour sa part que sa commune devienne un emblème publicitaire.