SNCF : les TGV Ouigo arrivent en Espagne

Les trains à grande vitesse low cost de la SNCF circuleront de l’autre côté des Pyrénées à partir du 15 mars 2021. La compagnie assure que les prix seront en moyenne de 50 % moins élevés que ceux de la Renfe, l’opérateur historique.

 Sur le modèle du Ouigo français, la SNCF va utiliser en Espagne 14 rames TGV duplex prélevées dans son parc et réaménagées dans ses ateliers de Bischheim. (Illustration)
Sur le modèle du Ouigo français, la SNCF va utiliser en Espagne 14 rames TGV duplex prélevées dans son parc et réaménagées dans ses ateliers de Bischheim. (Illustration) LP/Philippe de Poulpiquet

La SNCF part à la conquête du marché espagnol avec son TGV low cost. A partir du 15 mars 2021, quatorze TGV Ouigo circuleront sur les rails ibériques, d'abord entre Madrid et Barcelone via Saragosse et Tarragone, à la fréquence de cinq allers-retours par jour. A quel prix? « En moyenne nous serons 50 % moins cher que la Renfe ( NDLR : l'opérateur espagnol historique ), promet Alain Krakovitch, directeur général de Voyages SNCF. Nous voulons démocratiser la grande vitesse en Espagne. » Après cette ouverture, d'autres destinations suivront et notamment Valence, Alicante, Séville, Malaga et Cordoue.

Cette arrivée des Ouigo en Espagne n'est pas vraiment une surprise. Créé en 2013, le TGV low cost bleu turquoise et rose avait un double objectif : faire baisser le prix des billets TGV en France et préparer la SNCF à l'ouverture à la concurrence. Pas question de vivre un scénario à la Air France. En tardant à créer sa propre compagnie à bas coût, la compagnie aérienne a vu ses parts de marché rognées par les Ryanair et autres easyJet.

10 000 billets à un euro

Désormais, Ouigo est devenu l'arme de la SNCF pour conquérir le marché européen de la grande vitesse. Son modèle, qui a fait ses preuves en France, avec des billets vendus à partir de 10 euros, reprend les recettes qui font le succès des compagnies aériennes low cost : une utilisation maximale des trains, des billets uniquement vendus sur Internet, des gares de départ et d'arrivée souvent secondaire, une maintenance optimisée. Et surtout, l'utilisation de TGV d'occasion. Ainsi, la SNCF a sorti quatorze rames de son parc - qui en possède 300 - pour les mettre à disposition du marché espagnol.

Pour autant, il ne s'agit pas d'un « copié-collé » de ce qui existe en France, a prévenu Alain Krakovitch. Le Ouigo espagnol, contrairement à son homologue français, disposera notamment d'une voiture-bar. Lors d'une conférence de presse de présentation, Hélène Valenzuela, la patronne de Ouigo Espagne, a annoncé que l'arrivée de la compagnie low cost en Espagne créerait 1 300 emplois direct et indirect. Une information loin d'être anodine dans un pays qui affiche un taux de chômage d'environ 15 %. L'occasion aussi d'insister très fortement sur la sécurité qui entourera la circulation des TGV français en Espagne. Le pays reste très fortement marqué par le déraillement d'un train à grande vitesse de la Renfe le 24 juillet 2013 qui a tué près de 80 personnes et en blessé 140.

Les premiers billets seront vendus à partir du 24 septembre avec une offre choc, 10 000 billets à 1 €.