La laine de l’Ariège tisse sa toile

Lancée en 2016 sous forme d’association, Laines paysannes, qui valorise la laine de moutons d’Occitanie avec des acteurs économiques locaux, a su fédérer tout un réseau.

 Saverdun (Ariège), mardi. L’équipe de Laines paysannes travaille la laine locale avec les éleveurs, les tondeurs, les filateurs, les tricoteurs, les tisserands, les tanneurs et artisans lainiers de la région.
Saverdun (Ariège), mardi. L’équipe de Laines paysannes travaille la laine locale avec les éleveurs, les tondeurs, les filateurs, les tricoteurs, les tisserands, les tanneurs et artisans lainiers de la région. LP/Rémy Gabalda

Le bâtiment tout en bois, opérationnel depuis septembre, surplombe les champs où pâturent les moutons, près de Saverdun (Ariège). C'est dans cette ville, au pied des Pyrénées, qu'œuvrent les sept salariés de la société coopérative Laines paysannes, qui fabrique des vêtements et accessoires, avec la laine de moutons d'Occitanie.

Créée en 2016 sous forme d'association par Olivia Bertrand, tisserande, et Paul De Latour, éleveur de moutons en bio, la structure s'est développée avec comme fil rouge de structurer une filière locale de la laine ovine. La coopérative travaille avec les éleveurs, les tondeurs, les filateurs, les tricoteurs, les tisserands, les tanneurs et artisans lainiers. Comptant trois éleveurs en 2017, elle en réunit douze aujourd'hui, en majorité d'Ariège mais aussi du Gers, de l'Hérault et de l'Aude.

« Nous avons à cœur de valoriser la laine de nos troupeaux et de l'utiliser pour la mode éthique, insiste Olivia Bertrand, cofondatrice. D'habitude, la laine française part pour le marché international, souvent en Asie, mais la France importe de la laine pour la filière textile, ce que nous trouvions ridicule. Que faire ici de cette ressource locale ? Grâce au support de la ferme et aux rencontres, le projet a pu se développer et fédérer des acteurs locaux, avec une laine qui garde sa traçabilité. »

Triée, lavée, filée et enfin tricotée ou tissée

Une fois récoltée auprès des éleveurs, de ferme en ferme, la laine est triée à la main selon sa qualité et sa couleur. Elle part ensuite en Haute-Loire, au Lavage du Gévaudan, avant de revenir dans le Tarn, aux filatures du parc, à Brassac, où le fil est confectionné.

Pour le tricotage, Laines paysannes travaille avec les entreprises tarnaises Regain et Missègle. Myriam Joly, la patronne de Missègle, a tout de suite adhéré au projet. Elle-même éleveuse de chèvres pour la laine mohair en 1983, avant de reprendre la société en 2007, elle collabore avec les éleveurs ariégeois depuis quatre ans. « Avec leur laine, nous confectionnons des pulls, des bonnets et des chaussettes, selon les modèles qu'ils nous ont transmis, explique-t-elle. Il est primordial de soutenir cette filière locale qui valorise un produit naturel. »

Dans les locaux de la coopérative ariégeoise, des tapis, des plaids et des coussins sont fabriqués sur des métiers à tisser. Pour cela, la laine est envoyée pour être transformée en fil à la filature de Niaux, puis à celle de Dreuilhe, toutes les deux en Ariège. « L'an dernier, nous avons traité près de 5 t de laine brute et nous en visons 7 ou 8 cette année, détaille Olivia Bertrand. Nous avons montré que la laine est une matière d'avenir qui répond à un enjeu économique, environnemental et social. »

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Les produits de Laines paysannes sont disponibles en ligne et en vente directe à la roulotte-boutique à Saverdun mais également sur les marchés, les foires et les salons.