La Grèce finalise l’achat de 18 Rafale à la France pour 2,5 milliards d’euros

Sur les 18 avions de combat achetés, 12 sont des appareils d’occasion.

 Un Rafale prêt à décoller du Charles de Gaulle en mer Méditerranée, en février 2020.
Un Rafale prêt à décoller du Charles de Gaulle en mer Méditerranée, en février 2020.  AFP/Mario Goldman

Le contrat est signé. La Grèce a finalisé ce lundi l'achat de 18 avions de combat Rafale à la France, renforçant ainsi son partenariat avec Paris face aux tensions avec la Turquie.

Le montant de la transaction s'élève à environ 2,5 milliards d'euros et comprend la fourniture par Paris de 12 appareils d'occasion, prélevés sur l'inventaire de l'armée de l'Air française, de six avions neufs auprès du constructeur Dassault Aviation, le soutien logistique et les armements associés. Il comprend également la fourniture de missiles de croisière Scalp, de missiles antinavires Exocet et des missiles antiaériens Mica et surtout Meteor.

Le Rafale sera un « pilier important de notre supériorité aérienne », s'est félicité le ministre grec de la Défense Nikos Panagiotopoulos, soulignant devant la presse que cette acquisition « constitue un jalon dans la coopération bilatérale (franco-grecque) en matière de défense ».

La ministre française des Armées, Florence Parly, qui a assisté à la signature à Athènes, a salué de son côté le « choix résolument européen » du pays avec ce contrat, et rappelé la coopération entre la France et la Grèce « particulièrement visible en Méditerranée », à travers de nombreux exercices militaires.

Un achat en temps record

Cette acquisition a été discutée en un temps record entre les deux gouvernements. La décision de négocier a été prise en septembre par le Premier ministre grec, Kyriakos Mitsotakis, en réaction aux explorations gazières de la Turquie et à ses démonstrations de force dans des eaux disputées avec la Grèce et Chypre.

Ces derniers mois, la France s'est rangée démonstrativement au côté d'Athènes et a envoyé pendant l'été des Rafale et des navires de guerre face au déploiement de navires militaires et de prospection turcs dans une zone revendiquée par la Grèce. Des actions turques qualifiées en décembre d'« illégales et agressives » par les dirigeants de l'Union européenne.

Six des Rafale sont achetés neufs auprès du constructeur Dassault Aviation et doivent être livrés à partir de 2022. Mais Athènes voulant disposer sans attendre des avions destinés à lui assurer la supériorité aérienne en mer Egée, 12 sont achetés d'occasion et seront prélevés sur l'inventaire de l'armée de l'Air française.

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« Les premiers pilotes et techniciens de l'armée de l'Air grecque se rendront dans les prochains jours en France pour leur entraînement », a indiqué le porte-parole du gouvernement grec, Christos Tarantilis.

Pour remplacer les 12 avions cédés à la Grèce, le ministère français des Armées va acquérir 12 appareils neufs. Tout le produit de la cession, « de l'ordre de 400 millions d'euros », servira à financer en partie l'achat des avions neufs, selon le cabinet de la ministre.

La Grèce renforce son arsenal

En réaction aux tensions avec la Turquie, la Grèce a annoncé son intention d'augmenter ses capacités militaires en 2021 malgré une récession de plus de 10 % en 2020 sous l'effet de la pandémie et alors que le pays se remet d'une décennie de crise de la dette.

Athènes prévoit de consacrer 5,5 milliards d'euros à sa défense cette année, multipliant par cinq ses dépenses d'équipements militaires pour les porter à 2,5 milliards d'euros.

Outre l'acquisition des Rafale, Athènes prévoit d'acheter des hélicoptères et des drones, de moderniser sa flotte d'avions F-16 et de recruter 15 000 militaires supplémentaires. La Grèce a par ailleurs annoncé qu'elle portait à 12 mois, contre neuf actuellement, la durée du service militaire.

Athènes doit également lancer un appel à candidatures pour lui fournir quatre frégates et en rénover quatre autres. Le Français Naval Group doit y répondre dans les prochains jours, selon la ministre.