La France va taxer les géants de la tech en décembre

Après l’échec des négociations à l’OCDE, la France va mettre sa menace à exécution en taxant les géants du numérique à partir du mois de décembre.

 La taxation des géants du numérique pourrait rapporter 200 milliards de dollars aux Etats.
La taxation des géants du numérique pourrait rapporter 200 milliards de dollars aux Etats.  AFP

Dans le long feuilleton sur la taxation des géants du numérique, la France repasse à l'attaque. Après l'échec des négociations à l'OCDE en début de semaine dernière, la France qui avait suspendu la perception de la taxe en attendant le résultat de ces pourparlers des 137 pays, a décidé de taxer les géants du digital dès décembre prochain.

« La France doit être fière d'être l'un des premiers pays en Europe, avec l'Espagne, avec l'Italie, avec l'Autriche à percevoir une taxation juste sur les gens du digital, dont je rappelle qu'ils sont les seuls vainqueurs de cette crise », a souligné Bruno Le Maire, le ministre de l'Économie le ministre lors de l'émission Dimanche en Politique sur France 3.

À titre d'exemple, Facebook a réalisé un chiffre d'affaires de près de 70 milliards de dollars en 2019 mais a payé 8,46 millions d'euros d'impôt sur les sociétés en France en 2019, soit une infime partie des 6,3 milliards d'impôts acquittés par le groupe, essentiellement aux Etats-Unis.

Le spectre d'une nouvelle guerre commerciale

Reste que l'OCDE n'a pas encore jeté l'éponge et compte toujours parvenir à un accord à la mi-2021. Pour Angel Gurria, le secrétaire général de l'OCDE, un échec définitif aurait pour conséquence « une multiplication des actions unilatérales, des mesures de représailles » et in fine, une nouvelle « guerre commerciale. »

Il faut dire que les enjeux financiers sont considérables. Ces nouvelles règles fiscales pour les géants du numérique pourraient rapporter près de 200 milliards de dollars par an pour les Etats qui voient en ce moment leurs déficits se creuser en raison de la pandémie du coronavirus. Sauf que les Etats-Unis notamment font tout faire pour empêcher ce système de se mettre en place.