La crise les oblige à se confiner dans leur restaurant

Pour faire des économies et sauver leur petite entreprise avant une hypothétique réouverture, Jessica et Stéphane, un couple de restaurateurs de l’Hérault, se sont installés provisoirement avec leurs enfants dans l’arrière-cuisine de leur établissement.

 Jessica et Stéphane, dont le restaurant aurait dû ouvrir en novembre à Agde, se sont installés dans l’établissement et font de la vente à emporter.
Jessica et Stéphane, dont le restaurant aurait dû ouvrir en novembre à Agde, se sont installés dans l’établissement et font de la vente à emporter. LP/Christian Goutorbe

Parce que chaque billet de 50 euros compte dans le budget de résistance de Jessica et de Stéphane, ces deux restaurateurs de La Tamarissière, un quartier balnéaire d'Agde, à l'embouchure de l'Hérault, ont abandonné leur confortable maison en location à Béziers (Hérault) pour se réfugier dans l'arrière-cuisine de leur établissement « De Deux Choses Lune ».

Avec la crise du Covid-19, « nous ne pouvions pas faire face à la fois à ce loyer et aux frais du restaurant qui devait ouvrir le 1er novembre dernier. Alors, nous nous sommes installés dans la sous-pente avec les deux petits. La mezzanine n'est pas très confortable. Elle est mal isolée, impossible à chauffer, mais c'est temporaire », expliquent Stéphane et Jessica.

Depuis, ils se prennent à rêver de belles journées de printemps avec Robbi, 12 ans, et la petite Léa, 3 ans, qui leur permettraient d'abandonner les couches de pulls et les anoraks. « Nous ne touchons et ne toucherons pas les aides de l'Etat, de la Région parce que nous n'avons aucune antériorité de chiffre d'affaires », poursuit Stéphane.

Le soutien des habitants et des touristes

En attendant que les restaurants puissent rouvrir leurs portes, le couple s'est lancé dans la vente à emporter. Et, depuis, les commandes affluent, de Vias, d'Agde. Sans toutefois compenser les 2500 euros de charges fixes par mois. Surtout, depuis que le couvre-feu oblige à « éteindre les lumières économiques », à 18 heures.

Mais qu'importe la galère, les deux restaurateurs parient avec enthousiasme sur les atouts d'un commerce prometteur, avec sa grande terrasse à trois cents pas de la plage. Les habitants de la station et les touristes propriétaires d'appartements sont leurs meilleurs soutiens.

« C'est très important pour nous d'avoir ce restaurant ouvert à l'année. Cela évite de cuisiner et de ramener les courses. Il faut qu'ils tiennent », s'exclame Marie-France, retraitée de Pézenas, qui repart dans son pied-à-terre avec des lasagnes et un crumble.

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« Sans eux, je serai condamné à manger des sandwichs », ajoute James, un voisin habitué des plateaux tapas, des pizzas maison et des camemberts rôtis… En attendant la libération des cafés et restaurants et l'embauche annoncée de quatre saisonniers.