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La crise du Covid-19 a déjà coûté 10 milliards d’euros à la Sécurité sociale

Dans le projet de loi de financement de la Sécu présenté ce mardi, le déficit culminera à 44,4 milliards d’euros en 2020. Un record ! Il devrait descendre à 27,1 milliards d’euros en 2021.

 Le projet de budget pour 2021 porte durablement les stigmates de la crise sanitaire de 2020, mais dans une proportion moindre que prévu.
Le projet de budget pour 2021 porte durablement les stigmates de la crise sanitaire de 2020, mais dans une proportion moindre que prévu. LP/Arnaud Journois

27,1 milliards! Après 44,4 milliards d'euros en 2020, contre 5,4 milliards prévus initialement, le gouvernement a acté un nouveau déficit important, de 27,1 milliards d'euros donc, dans le projet de loi de financement de la Sécurité sociale pour 2021, budget qui intègre une rectification de l'enveloppe 2020, marqué par l'épidémie de Covid-19. Un PLFSS présenté ce mardi matin devant la Commission des comptes de la Sécu, puis en conseil des ministres le 7 octobre prochain et qui sera débattu par les députés à partir du 13 octobre.

Une dette durable. Le projet de budget pour 2021 porte durablement les stigmates de la crise sanitaire de 2020, mais dans une proportion moindre que prévu. Avant l'été, Bercy anticipait pour 2020 un défi de 52 milliards d'euros pour l'ensemble des quatre branches de la Sécu (maladie, vieillesse, famille et accident du travail), incluant le Fonds de solidarité vieillesse (FSV), il ne devrait donc être « que » de 44,4, grâce au rebondissement de l'économie depuis la sortie du confinement.

Impact du Covid-19. Parmi les causes de ce déficit, le projet de loi évoque un surcoût net lié à la crise sanitaire de 10 milliards d'euros. Chiffre qui se décompose en 15 milliards de dépenses supplémentaires liées au Covid-19, face à 4 milliards d'euros de sous-consommation de soins et 1 milliard de contribution (plus 0,5 en 2022) imposée aux complémentaires santé qui ont « économisé » pour 1,9 milliard d'euros de remboursement cette année. Enfin, les recettes attendues ont chuté, toujours du fait de la crise sanitaire, de 27 milliards d'euros.

Le retour à l'équilibre reste dans le viseur de Bercy, mais pas à court terme. Le déficit de la Sécu qui devrait encore stagner autour de 20 milliards par an jusqu'en 2024, selon Bercy. Dans l'attente, 20 milliards des 136 milliards de dette sociale vont être transférés d'ici fin 2020 à la Cades, la caisse d'amortissement de la dette sociale.

La crise du Covid-19 a déjà coûté 10 milliards d’euros à la Sécurité sociale

Des dépenses en progression en 2021. Le projet de budget prévoit encore pour 2021 un déficit : 27,1 milliards d'euros. Ceci bien que dans ses projections, le ministère du Budget prévoit une forte dynamique des recettes sociales l'an prochain, poussées par la reprise de l'économie et le plan de relance de 100 milliards d'euros. La crise sanitaire aura encore un impact sur les comptes de la Sécu avec une provision de 4,3 milliards d'euros prévue pour l'achat de masques, de protections, de tests et de vaccins… On retrouve dans ce PLFSS 2021 les mesures décidées lors du Ségur de la santé, notamment les hausses de salaires à l'hôpital et dans les Ehpad, la création de la cinquième branche de la Sécurité sociale, dédiée à l'autonomie, l'allongement du congé paternité à 28 jours, et 6 milliards pour l'investissement.

L'Ondam en forte hausse. L'Ondam (objectif national des dépenses d'assurance maladie), ce taux qui permet chaque année de fixer la hausse maximum d'évolution des dépenses de santé, est remonté à 7,6 % en 2020, ce qui porte la dépense finale à 215,7 milliards d'euros pour l'assurance maladie. En 2021, à périmètre égal, cet Ondam est fixé à 6 %, soit une autorisation de dépenses de 228,6 milliards d'euros.

4 milliards de réductions des dépenses. Comme chaque année, des économies importantes sont attendues : 4 milliards en tout : gain d'efficience (800 millions d'euros), baisse du prix des médicaments (440) et des dispositifs médicaux (150), pertinence et maîtrise des actes, (975), arrêts de travail et transport sanitaires (310), fraude (90)…

Des hôtels et des maisons de naissance. Parmi les mesures nouvelles et concrètes, le gouvernement veut promouvoir d'une part les hôtels hospitaliers, qui accueillent les patients ou leurs proches lors d'hospitalisations courtes ou si la personne réside loin. La chambre ne sera facturée que 70 euros maximum et sera remboursable. Autre projet, le développement des « Maisons de naissance », ou mini-maternités. La France en compte trop peu aujourd'hui pour répondre à la demande : 8 seulement. Le PLFSS prévoit de porter ce chiffre à 12 fin 2021.