Grippe aviaire : en Aquitaine, canards, poules et oies confinés… mais pas partout

C’est le résultat du niveau élevé de risque d’introduction de la grippe aviaire dans les élevages français par les oiseaux migrateurs. Mais tous les départements ne sont pas logés à la même enseigne.

 Serres-Gaston (Landes), samedi dernier. Pour empêcher tout contact avec des oiseaux migrateurs, vecteurs de transmission de la grippe aviaire, la volaille d’élevage du département est confinée dans des bâtiments ou des volières.
Serres-Gaston (Landes), samedi dernier. Pour empêcher tout contact avec des oiseaux migrateurs, vecteurs de transmission de la grippe aviaire, la volaille d’élevage du département est confinée dans des bâtiments ou des volières. LP/Klervi Le Cozic

Sur la carte de France, les 46 départements touchés par un risque élevé d'introduction de la grippe aviaire s'alignent le long du littoral atlantique et du Rhône : « Ce sont des couloirs de passage des oiseaux migrateurs qui pourraient risquer de contaminer les élevages commerciaux », explique Dominique Plassard, conseillère volaille à la chambre d'agriculture de la Dordogne.

Dans l'Aquitaine, les départements des Landes, Gironde et Pyrénées-Atlantiques sont concernés mais pas leurs voisins de Dordogne et du Lot-et-Garonne, épargnés par les mesures sanitaires préventives plus strictes récemment imposées.

« Evidemment, en Dordogne, on reste vigilants, notamment dans les zones humides où passent les oiseaux migrateurs », assure Dominique Plassard. Pourtant, à quelques kilomètres de là, les mesures ont été renforcées. « Difficile de se dire que l'exploitant situé dans un département tout proche n'est pas soumis aux mêmes règles que nous, souligne un éleveur des Landes. Mais si ça permet de protéger nos élevages, on joue le jeu! »

Depuis le 5 novembre en effet, tous les élevages de volailles de Gironde, des Landes, des Pyrénées-Atlantiques ont dû confiner canards, poules et oies. « On parle plutôt de claustration, explique Dominique Plassard car, contrairement aux cas des humains, la volaille a l'interdiction absolue de sortir. » Dans les Landes, premier département producteur de foie gras du pays, la filière est prête, au cas où le virus apparaîtrait.

Aménagements depuis les crises précédentes

« Depuis les deux crises sanitaires de 2016 et 2017, on s'est adaptés et équipés pour ne pas revivre la même chose », observe Jean-Pierre Dubroca, éleveur de canards à Buanes et président de la section palmipèdes à la FDSEA. Il avait dû abattre son cheptel et n'avait pas pu travailler pendant six mois. Depuis, il y a eu des changements : « On a baissé la densité des canards, on fait des vides sanitaires d'un mois avant de réintroduire des animaux, on teste systématiquement les animaux et on a fait évoluer le transport des canards qui s'était révélé être un facteur de propagation », ajoute Jean-Pierre Dubroca.

Plus au sud, près d'Hagetmau, Kevin Pouysegur a investi 20 000 euros dans une volière. Elle permet à certains de ses canards, en cas de claustration, de sortir sans être au contact d'oiseaux migrateurs. Mais il a aussi dû confiner 2000 autres volatiles, cette fois-ci dans un bâtiment : « Ils font moins d'exercice, on ne sait pas ce que ça va donner en termes de résultat », s'interroge le producteur, qui espère garder son label IGP Sud-Ouest car l'élevage à l'extérieur est l'un des critères. « Des aménagements des cahiers des charges pour les productions sous label de qualité officiel seront temporairement nécessaires », rassurent les autorités.

Reste qu'un autre virus inquiète les éleveurs : « 40 % de notre production landaise part dans les restaurants qui ont été et sont à nouveau fermés à cause du Covid-19 », pointe Jean-Pierre Dubroca. « On redoute aussi les fêtes de fin d'année : canard et foie gras sont des produits de fête typiques des réunions de famille. On espère que les consommateurs seront quand même au rendez-vous. »