GE pourrait supprimer près de 300 postes en France dans son entité «Steam Power»

240 emplois sur le site de Belfort de l’unité « Steam Power », spécialisée dans les centrales nucléaires et à charbon pourraient être menacés.

 GE justifie cette réorganisation avec la baisse de l’activité pour les centrales à charbon.
GE justifie cette réorganisation avec la baisse de l’activité pour les centrales à charbon. AFP

Selon les syndicats, General Electric pourrait supprimer près de 300 emplois dont 240 à Belfort dans son entité « Steam power » spécialisée dans les turbines destinées à des énergies autres que le gaz, notamment le nucléaire ou le charbon.

GE n'a pas confirmé cette information sur le nombre d'emplois menacés mais a reconnu avoir annoncé un projet de réorganisation de cette entité à l'occasion d'un comité de groupe Europe.

« Suite au projet de GE de se retirer du marché des nouvelles centrales à charbon, un projet de réorganisation a été soumis par GE Steam Power le 25 novembre au Comité d'entreprise européen (CEE). En parallèle, GE Steam Power a entamé aujourd'hui des discussions avec les comités d'entreprise français de GE Steam Power Service France et GE Steam Power Systems », indique le géant américain dans une communication. Un comité de groupe France doit se tenir le 1er décembre pour détailler les impacts de ce plan.

Selon GE, le marché des centrales à charbon est aujourd'hui en rapide déclin à travers le monde, y compris en Europe. Ce contexte impose à GE Steam Power « de se réorganiser pour s'adapter aux réalités du marché et préserver sa compétitivité », ajoute un nouveau communiqué de General Electric.

Toutefois, un petit retour en arrière s'impose. Lorsque General Electric a racheté la branche énergie d'Alstom, trois co-entreprises (« joint venture »), associant les deux sociétés, ont été créées en 2015 : l'une (JV Grid) est spécialisée dans les réseaux électriques, une seconde (JV Renewables) dans les énergies vertes, la troisième (JV Nucléaire) dans les équipements destinés aux centrales nucléaires et au charbon.

Ces trois co-entreprises devaient, c'était une condition imposée à l'époque par François Hollande, être gérées par GE et Alstom. Sauf qu'Alstom s'est rapidement recentré sur le ferroviaire et s'est désengagé de ces co-entreprises en octobre 2018 en vendant ses participations à GE pour 2,6 milliards d'euros.

Activité sensible

Concernant l'activité « Steam power » qui comprend aussi l'activité nucléaire et les turbines pour les centrales à charbon près de 3 000 personnes dont 1 300 y travaillent. Il s'agit d'un activité dite sensible. Par conséquent, l'Etat français via un « golden share » peut exercer son véto si GE voulait se séparer de cette branche.

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Or, depuis plusieurs mois et ce n'est un mystère pour personne, GE a besoin de liquidités. La vente de cette unité nucléaire avec la fabrication des turbines, un fleuron industriel, qui équipent près de 30 % des centrales nucléaires de la planète mais aussi les sous-marins nucléaires français est un joli trésor…

Déjà, le 30 janvier dernier, une dépêche de Bloomberg laissait entendre que la direction de GE explorait la possibilité de vendre « Steam Power ». Et depuis le début de l'été, les élus de la région demande à l'Etat d'intervenir.

Selon les syndicats, les équipes dans cette unité travaillent aussi bien pour le nucléaire que le charbon. Depuis octobre, la CFDT qui sentait le vent du boulet arriver avait estimé qu'une réduction des effectifs sur le charbon allait amputer les capacités de production sur le nucléaire.

Pour l'heure, GE s'est montré toutefois rassurant en affirmant que « GE Steam Power reste fortement engagé sur le marché des centrales nucléaires, grâce à la production des turbines Arabelle, les plus puissantes du monde, et à ses équipes services qui soutiennent notamment le parc nucléaire français. La majorité de ces activités sont ancrées en France et à Belfort. »

En tout cas, ce dossier sensible pourrait rapidement arriver sur le bureau du ministre de l'Economie. En tout cas, ces suppressions de postes viendraient s'ajouter au 485 postes supprimés dans la filière gaz en octobre 2019.