Fermeture à 22 heures : les patrons de bars lillois ont manifesté leur désaccord

« Nous ne sommes pas des assassins », ont clamé les patrons de bar, fâchés d’être stigmatisés et inquiets pour la survie de leurs établissements.

 150 à 200 personnes se sont réunies après les nouveaux horaires de fermeture sur l’emblématique place lilloise.
150 à 200 personnes se sont réunies après les nouveaux horaires de fermeture sur l’emblématique place lilloise. AFP/François Lo Presti

À 22 heures ils ont baissé le rideau. Puis 150 à 200 personnes se sont rassemblées à Lille (Nord), sur la Grand-Place pour dénoncer les restrictions imposées aux bars et cafés dans les zones d'alerte renforcée.

« Nous ne sommes pas des assassins », « 10 % de trouble-fête, 100 % de punis » ou encore « encadrés dans les bars, entassés dans les apparts », pouvait-on lire sur les pancartes brandies à la lumière des téléphones portables par ces patrons et employés lillois et valenciennois.

Patron du bar Le Privilège et membre du collectif « Main dans la main pour sauver nos professions », qui rassemble des professionnels de la restauration et de la nuit et avait appelé à ce rassemblement, Guillaume Delbarre évoque un « ras-le-bol généralisé ». « On fait respecter tous les protocoles à fond la caisse et derrière, on se retrouve stigmatisés » s'est-il agacé auprès de l'AFP. Il a estimé à 10 000 les emplois menacés. « On va mourir à petit feu », prévient Philippe Cavanna du Kolor, qui s'est confié à France Bleu.

Depuis lundi, la métropole lilloise est en zone d'alerte renforcée. Les bars doivent fermer à 22 heures et les restaurants à 0h30 pour enrayer le regain de contaminations au coronavirus.

Un mouvement de colère partout dans le pays

Ailleurs en France, la colère monte aussi chez les professionnels du secteur. Mardi soir à Paris, où la situation sanitaire se dégrade chaque jour un peu plus, une vingtaine de bistrotiers et restaurateurs parisiens ont brièvement manifesté rue de Lappe, la « rue de la soif » emblématique du quartier de la Bastille. Parmi eux, David Zenouda, patron de six bars : « j'ai deux établissements fermés depuis lundi, ce sont des bars qui ouvraient de 19 heures à 5 heures du matin et font leur chiffre d'affaires à partir de 23 heures », a-t-il expliqué.

À Rennes, près de 70 professionnels regroupés au sein du collectif « On va tous trinquer » ont appelé à manifester ce mercredi à 17 heures. Vendredi, le chef étoilé Philippe Etchebest a appelé toute la profession, pas seulement à Bordeaux où il exerce, à arborer un brassard noir devant les établissements à 11h45.

Les mots d'ordre ont été maintenus en dépit des garanties données mardi, à Matignon, par le Premier ministre Jean Castex, au secteur de l'hôtellerie et de la restauration. Il s'est engagé à prolonger le chômage partiel indemnisé à 100 % jusqu'au 31 décembre et à augmenter le plafond du fonds de solidarité de 1 500 à 10 000 €.