Reconversion professionnelle : «Mes cours ont été financés par mon compte formation»

Natacha Alix, 38 ans, ancienne chargée de ressources humaines, s’est reconvertie en 2019 dans le secteur médico-social.

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 Natacha Alix a lancé son entreprise de médiation par l’animal, Helping pattes, et anime des ateliers dans les Ehpad.
Natacha Alix a lancé son entreprise de médiation par l’animal, Helping pattes, et anime des ateliers dans les Ehpad. DR

Dans sa « vie d'avant », Natacha Alix avait parfois du mal à trouver un sens aux tâches qu'elle effectuait au quotidien. « Je ne m'y retrouvais pas », confie cette femme de 38 ans qui était, jusqu'en 2018, salariée dans les ressources humaines pour une grande entreprise à Nantes (Loire-Atlantique). Elle déplorait le trop-plein de « gestion administrative ». « J'avais peu de marges de manœuvre pour accompagner les salariés comme je l'aurais souhaité », explique-t-elle. Cette voie, elle l'avait choisie un peu par hasard. « A la fac, j'ai suivi un cursus de droit international, car je ne savais pas trop quoi faire. Je me disais que je verrais bien en route. »

Finalement, elle l'assume : « Mon précédent emploi manquait d'une dimension sociale. » C'est après son congé maternité, il y a trois ans, que Natacha a eu le « déclic ». Elle entame alors une procédure de rupture conventionnelle et quitte son entreprise en 2019, « sans savoir vraiment » ce qu'elle veut faire.

Elle passe de nombreux entretiens, prend conseil et affine un nouveau projet dans le secteur médico-social. « C'est en lisant un article que j'ai décidé de travailler dans la médiation sociale avec les animaux. » Elle suit deux premières formations en gérontologie (NDLR : étude du vieillissement) et troubles autistiques. Puis, aidée par sa conseillère de Pôle emploi, enchaîne sur deux autres formations sur le rôle du chien et la médiation sociale.

« Mon précédent emploi manquait d’une dimension sociale », concède Natacha Alix. DR
« Mon précédent emploi manquait d’une dimension sociale », concède Natacha Alix. DR  

« Tout a été intégralement pris en charge, car ces formations sont reconnues par l'Etat et ont été financées par mon CPF (compte personnel de formation) », indique-t-elle. Ses diplômes en poche, elle crée sa microentreprise, Helping pattes. Très vite, les premiers contrats, des prestations en Ehpad, en crèche ou dans des centres pour jeunes adultes, arrivent. Natacha commence à sillonner la région nantaise, accompagnée de ses cochons d'Inde, d'un âne et de ses chiens.

« Au début, j'ai gardé un mi-temps dans la restauration pour continuer à me maintenir à flot. » Le Covid-19 est passé par là, fermant les structures pour lesquelles elle travaillait et mettant un frein à sa nouvelle activité. Néanmoins, Natacha, qui a bénéficié d'aides de l'Etat, est sûre de sa reconversion.

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Elle travaille désormais à plein-temps dans le médico-social, grâce à un temps partiel d'animatrice en Ehpad, complété par son activité d'autoentrepreneuse. Seul bémol : son salaire. Natacha gagne un smic là où, auparavant, elle touchait un salaire de cadre. Mais elle ne perd pas espoir d'augmenter son activité, et ses revenus, et se concentre pour l'instant sur d'autres récompenses, qui ne sont pas matérielles. « Mon nouveau métier est gratifiant. J'ai l'impression de travailler en respectant à la fois les animaux et les gens. »