Reconversion professionnelle : «Il faut avoir les reins solides financièrement»

Depuis le début de l’épidémie de Covid-19, de plus en plus de Français sont tentés de changer de métier. Les conseils de Fabienne Leblanc, coach et directrice associée chez Actencia à Paris (VIIIe).

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 «Le besoin de se lancer dans un bilan de compétences se mesure à la hauteur de son inconfort», souligne Fabienne Leblanc.
«Le besoin de se lancer dans un bilan de compétences se mesure à la hauteur de son inconfort», souligne Fabienne Leblanc. IStock/MundusImages

Elle-même reconvertie, Fabienne Leblanc conseille depuis plus de 20 ans celles et ceux qui s'interrogent sur leur parcours professionnel.

Vouloir changer de métier est-il plus présent qu'avant ?

FABIENNE LEBLANC. C'est surtout la notion de sens qui revient de façon plus prépondérante avec cette question : pourquoi fais-je ce métier ? Suis-je utile ? Je constate que beaucoup de trentenaires ayant fait des écoles de commerce, d'ingénieur… et commencé à travailler en entreprise n'ont pas trouvé ce qu'ils souhaitaient. C'est à ce moment-là qu'ils se reconvertissent vers des métiers manuels, professeur des écoles… Je constate de plus en plus une certaine défiance envers l'entreprise qui n'apporte plus ce que l'on vient y chercher. Depuis cinq ans, je vois aussi des personnes qui veulent rééquilibrer leur vie personnelle et professionnelle.

Tout le monde peut-il faire un bilan de compétences et quand ?

Un bilan s'adresse à toute personne qui ressent un décalage entre ce qu'il fait et ce qu'il est, avec la volonté de construire un nouveau projet réaliste et réalisable. Le besoin de se lancer dans un bilan se mesure à la hauteur de son inconfort. Il faut que quelque chose gratouille ! Il existe des cabinets pour les cadres, les non-cadres… selon le bouche-à-oreille. La fourchette de prix est très large : de 1800 à 5000 euros. Il se finance soit par l'entreprise soit en utilisant son compte personnel de formation. Il nécessite en général 24 heures de travail à partir de supports, des entretiens individuels, de l'introspection et souvent des tests de personnalité.

Est-il réaliste de se reconvertir à tout âge ?

Oui, mais attention aux contraintes. Apprendre un nouveau métier demande un temps de formation long et une motivation importante! Il faut avoir les reins solides financièrement et souvent attendre un à deux ans avant de pouvoir exercer le nouveau métier choisi. Et puis à 40 ans passés, vous allez vous retrouver comme un junior sur le marché de l'emploi. Si cela répond à un besoin essentiel, vous avez toutes les chances d'y arriver. La prise de risque est réelle mais c'est bien.