Emploi en Provence-Alpes-Côte-d’Azur en 2021 : la santé, l’agroalimentaire et le digital recrutent

Si la région souffre d’une activité touristique en berne, les entreprises dynamiques ne manquent pas. Et des secteurs comme la santé sont plus en tension que jamais, selon l’enquête du Parisien-Aujourd’hui en France.

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 Les acteurs de la santé recrutent, comme le CHU de Nice (Alpes-Maritimes) qui veut embaucher plus d’une centaine de personnes au cours de l’année.
Les acteurs de la santé recrutent, comme le CHU de Nice (Alpes-Maritimes) qui veut embaucher plus d’une centaine de personnes au cours de l’année. LP/Matthias Galante

En Provence-Alpes-Côte-d'Azur, un monde se déconstruit, d'autres se développent. Si le tourisme, baromètre traditionnel de l'emploi, via l'hôtellerie-restauration notamment, connaît une très sombre période, plusieurs filières vont, en revanche, avoir besoin de beaucoup de monde. C'est le cas autour de la santé. Le Covid-19 amplifie le manque de personnel. Centres hospitaliers et cliniques recherchent des salariés. Au CHU de Nice (Alpes-Maritimes), plus d'une centaine de postes seront proposés cette année, tous métiers et contrats confondus (médical ou non, CDD, CDI, titularisations).

Compte tenu de la forte densité de seniors âgés de plus de 75 ans, les nombreux Ehpad de la Côte d'Azur tentent également d'attirer du monde. La denrée rare ? Infirmiers, aides-soignants et aides à domicile. Rien que dans le département, Pôle emploi propose, en janvier, 212 offres dans un secteur de la santé en tension.

« On finance des formations, on organise des opérations coups de poing comme lorsqu'il faut trouver 60 infirmières lors de la première vague de Covid-19 pour les dépistages mis en place par Nice », détaille Virginie Thiebaud, responsable du service aux entreprises Pôle emploi Nice nord.

Tous les acteurs font preuve d'imagination en multipliant les initiatives pour redorer le blason de métiers qui souffrent parfois d'une mauvaise réputation. Pas toujours facile.

«Notre plus grande difficulté, c'est le manque de candidats»

Cette problématique est partagée dans l'industrie agroalimentaire. Le deuxième secteur industriel de Paca derrière l'aéronautique, très implanté dans le Vaucluse, emploie actuellement environ 14 000 salariés. Il compte quelques poids lourds, comme Liebig, Panzani ou Gyma mais aussi une multitude de PME et TPE réparties sur le territoire.

Et il va continuer d'embaucher des centaines de personnes cette année, promet Philippe Dubuisson, directeur général d'Ifria Sud Paca industrie, un centre de formation dédié à ces métiers : « On cherche des conducteurs de machine, des personnes pour la maintenance des équipements, des opérateurs en logistique. Notre plus grande difficulté, c'est le manque de candidats. On va chercher des profils qui n'iraient pas chez nous d'eux-mêmes. Quand ils intègrent notre industrie, ils lui restent fidèles. »

En droite ligne de cette filière, la grande distribution alimentaire promet elle aussi des emplois. Carrefour souhaite embaucher 800 jeunes alternants. Lidl annonce 350 à 400 CDI (équipiers polyvalents, opérateurs logistiques, adjoint manageurs et directeurs de magasins).

Passez par la banque et prenez un CDI

Le secteur de la banque et des finances, considéré par le site Internet pacajob.com comme l'un de ceux qui recrutent le plus en janvier, avec le BTP et l'énergie-environnement notamment, pourrait être dynamique. A l'image de la Caisse régionale du Crédit Agricole Provence Côte d'Azur qui ouvre 160 CDI et 100 contrats d'alternance, souvent des commerciaux bac + 3.

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L'un des gros employeurs de la région, implanté à Toulon (Var), Naval Group, spécialisé dans la construction navale de défense et les énergies marines renouvelables, sera aussi au rendez-vous. Il prévoit 209 embauches d'ouvriers usineurs, soudeurs et chaudronniers, techniciens. Mais aussi la venue de profils plus pointus tels que des développeurs logiciels et architectes navals, ingénieurs navals et de maintenance nucléaire ainsi que des responsables cybersécurité.

Toujours à Toulon, mais aussi sur tous ses sites en France, la marine nationale recrute : 4000 personnes au total dans une cinquantaine de métiers.

Crise économique ou pas, le transport, la logistique et l'agriculture (obligée de faire appel à de la main-d'œuvre étrangère) recherchent du monde. Quant aux experts en informatique et en transformation digitale, ils ont toujours le vent dans le dos. Dans la technopole de Sophia Antipolis (Alpes-Maritimes), trois entreprises de services du numérique, engIT, Atos et Softeam/Ametix, recrutent 50 collaborateurs chacune (développeur logiciel, tech leaders, data scientists…).

Il existe finalement des motifs d'y croire en Paca : même si le chômage est remonté selon l'Insee, l'emploi salarié a rebondi de 2% au troisième trimestre 2020.

Les secteurs et les métiers qui recrutent le plus en Provence-Alpes-Cote-d’Azur

Top 5 des secteurs

1. Commerce de détail

2. Action sociale

3. Ingénierie informatique

4. Services généraux

5. Commerce de gros

Top 5 des métiers

1. Magasinage

2. Mécanique

3. Développement informatique

4. Vente

5. Puériculture

Source : Adecco Analytics

Taux de chômage au 3e trimestre 2020 : 10,2%

Evolution du taux de chômage en un an : + 0,7%

Source : Insee

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LA PÉPITE. Weloge accélère la vente immobilière

Dominique de Saint Laurent est la fondatrice de Weloge. /LP/Marc Leras
Dominique de Saint Laurent est la fondatrice de Weloge. /LP/Marc Leras  

Née il y a quatre ans, la start-up marseillaise (Bouches-du-Rhône) de l'immobilier Weloge a dépassé tous ses objectifs avec son concept de « home staging ». « Un accompagnement sur mesure, la mise en ambiance d'un bien pour le valoriser », selon sa fondatrice Dominique de Saint Laurent. Le délai moyen de vente, 45 jours, est basé sur la mise en valeur maximale de celui-ci : réparations à effectuer, réaménagement mobilier ou d'un jardin et même ameublement adapté, fourni par les consultants de Weloge, quand l'appartement ou la maison est vide.

Et les résultats sont là. En janvier 2019, Weloge employait 2 salariés et fédérait 9 « indépendants intégrés », des autoentrepreneurs qui, la première année, obtiennent des revenus de plus de 2000 euros mensuels. Ils sont aujourd'hui 4 employés et 69 « consultants immobiliers ». L'objectif est d'en atteindre 150 d'ici la fin de l'année sur l'ensemble du territoire.

« La plupart sont des personnes autour de la quarantaine en reconversion professionnelle, provenant de tous types d'horizons et qui n'ont jamais fait d'immobilier », constate Dominique de Saint Laurent, qui anime tous les mardis à 18h30 une séance en ligne d'information et de recrutement. « Nous retenons environ un candidat sur cinq qui est ensuite formé et bénéficiera de toute notre infrastructure pour les visites virtuelles et les signatures à distance, souligne-t-elle. Les recrues ont tous les avantages des indépendants en s'organisant comme elles le souhaitent tout en étant adossées à un groupe. Depuis le début, seulement cinq agents nous ont quittés. »

« L'objectif est de vendre le bien au meilleur prix, avec au moins 70 % de la commission pour l'agent indépendant, résume encore Dominique de Saint Laurent. Les qualités nécessaires sont essentiellement humaines, l'empathie, l'écoute, l'honnêteté, la détermination… Les autres aspects techniques s'apprennent. Notre intérêt est de faire monter ces agents en compétence, avec de nombreuses formations et de les fidéliser. »