Emploi en Pays de la Loire : Scania et Thales vont embaucher en 2021

Les deux géants de la construction de camions et des équipements de télécommunication vont recruter des centaines de personnes dans le Maine-et-Loire cette année, selon l’enquête du Parisien-Aujourd’hui en France.

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 Angers (Maine-et-Loire), le 15 janvier. Des ouvriers travaillent sur la chaîne de montage de poids lourds Scania.
Angers (Maine-et-Loire), le 15 janvier. Des ouvriers travaillent sur la chaîne de montage de poids lourds Scania. LP/Sébastien Salom-Gomis

A défaut d'être celui qui embauche le plus dans les Pays de la Loire, l'industrie s'affirme comme le secteur aux plans de recrutements les plus spectaculaires. Si la santé, le bâtiment, les transports et le numérique vont être en tête cette année, selon Pôle emploi, dans le Maine-et-Loire, à Angers, chez Scania, comme à Cholet, chez Thales, plusieurs centaines de postes sont à pourvoir.

Leader européen de la construction de camions, Scania entame sa révolution : son site suédois se spécialise uniquement dans les véhicules électriques et toute la production de camions à moteurs thermiques va, elle, être relocalisée à Angers. « Ça a déjà commencé, pointe Jean-Philippe Martin, responsable de la communication. Nous accueillerons la totalité de la production suédoise au fil des mois. »

Mais le site angevin atteint déjà la limite de ses capacités de production. Après avoir recruté 250 personnes en quatre ans, augmenté les cadences et les heures de travail, l'usine va devoir passer d'une a deux équipes. Près de 250 personnes vont être recrutées et le site devrait atteindre les 1000 salariés.

« Ce passage aux 2-8 n'implique pas d'investissement énorme en termes d'outil de production. C'est avant tout un projet humain, souligne Jean-Philippe Martin. Les recrutements vont s'étaler sur les prochains mois. Nous ne voulons pas d'intégration massive de nouveau personnel et demeurons fidèles à la culture Scania : il faut avoir le temps d'accueillir et de former chacun des nouveaux. »

Les profils recherchés vont des opérateurs sur ligne, des postes en logistique de magasinier, cariste jusqu'au mécanicien, au peintre et au manager spécialisé dans les lignes de production. Technicien qualité, de maintenance ou ingénieurs sont également recherchés. Avec ce dédoublement des équipes, le site pourrait passer d'environ 70 ou 80 camions produits par jour à plus d'une centaine.

Un nouveau centre de R&D à Cholet

A quelques kilomètres de là, à Cholet, Thales investit non seulement dans l'humain mais également dans ses infrastructures. Un tout nouveau centre de recherche et développement (R&D) va sortir de terre au côté de son plus ancien site de production en France, né en 1936. « Au travers de cet investissement, il faut voir un renforcement de notre présence dans les territoires, détaille Denis Court, directeur du projet. C'est important pour nous de développer un site majeur en province de façon complémentaire à ce que nous avons en région parisienne. »

Plus que jamais, Cholet va se spécialiser dans les systèmes d'information sécurisés et les activités de cyberdéfense. « Sur ce site, nous voulons pouvoir lancer un cycle complet : développer un projet en R&D, le qualifier, produire et maintenir celui-ci ainsi qu'assurer les missions de formation du personnel », pointe Jean-Pascal Laporte, chef d'établissement de Cholet et directeur industriel pour les activités de communication de Thales.

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Ses produits permettent par exemple de mettre en place un système de communication là où il n'y a aucune infrastructure, comme en Afghanistan où l'entreprise française, qui emploie près de 40 000 personnes, a déployé un réseau sécurisé pour les besoins de l'Otan. « Aujourd'hui, nous avons presque un siècle de présence à Cholet, un site qui bénéficie d'une expertise radio historique et où nous sommes en croissance depuis dix ans. Ces cinq dernières années, nous avons effectué un peu plus de 800 recrutements, dont environ la moitié en mobilité interne, ce qui nous donne un rythme d'une centaine d'embauches nettes par an », développe-t-il.

Ce sont 400 à 500 nouveaux salariés qui vont arriver à Cholet à partir de cette année. Les profils type ingénieur ou doctorant sont les plus recherchés à la fois dans les domaines de l'électronique, du développement logiciel, ainsi que des experts en cybersécurité et en communication par satellite. Des postes de techniciens industriels sont également à pourvoir. L'entreprise, qui compte aujourd'hui 23% de femmes dans ses effectifs, affiche comme objectif prioritaire d'élever sensiblement ce pourcentage.

Les secteurs et les métiers qui recrutent le plus en Pays de la Loire

Top 5 des secteurs

1. Commerce de gros

2. Commerce de détail

3. Services généraux

4. Action sociale

5. Programmation et conseil informatique

Top 5 des métiers

1. Mécanique

2. Magasinage

3. Vente

4. Développement informatique

5. Gros œuvre du bâtiment

Source : Adecco Analytics

Taux de chômage au 3e trimestre 2020 : 7,9%

Evolution du taux de chômage en un an : +0,9%

Source : Insee

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LA PÉPITE. Lhyfe, le diamant vert

/PhotoPQR/Ouest-France/Franck Dubray
/PhotoPQR/Ouest-France/Franck Dubray  

Les premières tonnes d'hydrogène vert doivent être produites en 2021 sur le port du Bec, à Bouin (Vendée). En quelques années, Lhyfe, soutenu par Bpifrance et des investisseurs privés, a su passer en phase d'industrialisation. L'entreprise nantaise promeut une solution totalement décarbonée pour produire de l'hydrogène en utilisant des éoliennes. « On va commencer à produire 300 kg par jour sur notre premier site, mais nous avons déjà un plan pour tripler notre production, développe Matthieu Guesné, fondateur de l'entreprise. Dès 2022, on construira un site par département des Pays de la Loire. »

L'ambition est assumée. « D'ici 5 ans, on souhaite être le Space X de l'hydrogène vert en Europe. On a la même progression de levée de fonds que Tesla », assure le patron. Et l'emploi suit. Lhyfe accueillait sept personnes en 2019. Aujourd'hui, elles sont 25 mais une trentaine de postes sont à pourvoir à Nantes (Loire-Atlantique) et dans le centre de recherche et développement vendéen. « C'est tellement exponentiel que le besoin de main-d'œuvre est difficile à prévoir. On recrute des dizaines de personnes en France et à l'étranger », poursuit-il.

Purement française au départ, la société a ouvert des filiales en Allemagne, Espagne, Scandinavie, Italie, au Portugal et dans le Benelux. Des projets de sites de production existent pour la Manche, en Basse et Haute Normandie, en Bretagne et Nouvelle Aquitaine. Les besoins de main-d'œuvre qualifiée couvrent tout le spectre d'une jeune société en hypercroissance. « De l'alternant en passant par le technicien, jusqu'aux commerciaux, aux ingénieurs de recherche et aux informaticiens, décompte Matthieu Guesné. On cherche des profils venant des énergies renouvelables ou des gens qui étaient dans le pétrole et ont un karma à racheter et croient à l'hydrogène », sourit-il.

Lhyfe, qui a conçu le système permettant de produire cet hydrogène vert grâce à l'énergie intermittente du vent, n'assurera pas la maintenance des sites ou la distribution. L'entreprise rêve d'un écosystème et que les pompes fleurissent dans les stations-service. Son patron conclut : « Notre objectif ne se chiffre pas en euros. Nous voulons être la première société à faire économiser 1 milliard de tonnes de CO2 à la planète. »