Emploi en Ile-de-France en 2021 : les secteurs qui recrutent autour de Paris

Avec un chômage à 7,3% dans les Hauts-de-Seine, mais à 12% en Seine-Saint-Denis, le marché de l’emploi fait le grand écart dans les départements qui jouxtent la capitale, selon l’enquête du Parisien-Aujourd’hui en France.

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 Le quartier d’affaires de La Défense devrait continuer à profiter de l’effet Brexit.
Le quartier d’affaires de La Défense devrait continuer à profiter de l’effet Brexit. LP/Olivier Lejeune

Difficile de trouver des points communs dans le paysage économique des Hauts-de-Seine, de la Seine-Saint-Denis et du Val-de-Marne. En 2021, les départements de petite couronne devraient cependant bénéficier tous trois de la hausse des besoins de main-d'œuvre dans le secteur du bâtiment et des travaux publics.

Les Hauts-de-Seine, capitale du tertiaire

Finance, numérique et activités des sièges sociaux… Le tiercé de tête des secteurs qui recrutent dans les Hauts-de-Seine relève intégralement du tertiaire. Le département qui accueille le plus important quartier d'affaires d'Europe (avec plus de 1500 sièges sociaux) affiche le même taux de chômage que la capitale voisine : 7,3%, en hausse de 0,7 point sur un an. Et comme à Paris, les professionnels de « l'étude informatique » (développeurs, analystes réseau…) y sont, cette année encore, les plus recherchés.

A la deuxième place du palmarès des métiers porteurs, les emplois de « support des systèmes d'information » (réseaux télécoms, cybersécurité…) ont remplacé les métiers technico-commerciaux, repoussés en troisième place. Un changement dû à l'accélération de la numérisation des entreprises, mais aussi au déploiement de la 5G, déjà en expérimentation à La Défense.

Selon Adecco analytics, c'est Bouygues Telecom qui obtenait, fin 2020, la place de premier recruteur des Hauts-de-Seine. Devant KPMG France (audit et expertise comptable), Thales et Framatome, tous trois basés à La Défense.

Le quartier d'affaires qui va encore prendre de la hauteur (notamment avec la construction de la gigantesque tour Link, futur siège social de Total ) devrait par ailleurs continuer à bénéficier d'un effet Brexit. « Il s'agira de postes hyper haut de gamme qui auront un impact marginal sur le marché de l'emploi », tempère Franck Margain, président de l'agence de promotion économique de l'Ile-de-France « Choose Paris region ».

La Seine-Saint-Denis dopée par les JO ?

Un taux de chômage record de 12%, 134 500 demandeurs d'emploi enregistrés… Le département de Seine-Saint-Denis reste le parent pauvre de l'emploi en Ile-de-France. Mais c'est aussi celui où le nombre de chômeurs a le moins augmenté (en pourcentage) par rapport à l'année précédente, avec une progression de « seulement » 12,7% contre 14% en moyenne régionale.

Les métiers technico-commerciaux et ceux de la santé et des soins à la personne y arrivent en tête du palmarès des recrutements. Mais c'est un autre secteur d'activité qui pourrait doper l'emploi dans le département : celui du bâtiment et des travaux publics, déjà en tête des secteurs « en tension » sur toute l'Ile-de-France, dont les besoins de main-d'œuvre sont en forte hausse.

« Les projets de rénovation urbaine, les chantiers du Grand Paris Express ou encore la construction des infrastructures des JO de Paris 2024 sont des dossiers extrêmement recruteurs. Et ils sont essentiellement situés en Seine-Saint-Denis », rappelle-t-on à la Fédération française du bâtiment. Selon les estimations de Pôle emploi, la « dynamique des JO laisse entrevoir la création de 11 700 emplois dans le BTP ».

Le Val-de-Marne porté par le commerce de gros

C'est un marché de l'emploi en convalescence. Le Val-de-Marne a souffert du ralentissement de l'activité sur la plate-forme aéroportuaire d'Orly, l'un des plus gros recruteurs il y a encore un an. Le département affiche un taux de chômage de 8,4% bien inférieur à celui de la Seine-et-Marne voisine, mais une hausse du nombre de demandeurs d'emploi de 15,6% en un an qui est la plus forte d'Ile-de-France.

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Le secteur du commerce de gros et de la logistique – notamment autour du marché de Rungis et de ses 1200 entreprises – continue cependant à recruter. Selon les données d'Adecco analytics, les ingénieurs et cadres commerciaux, les assistants commerciaux, les magasiniers et les opérateurs logistiques figurent parmi les professionnels les plus recherchés dans le département.

Comme dans les autres départements, les métiers de la santé et des soins à la personne sont également de gros recruteurs. Près de 20 % des quelque 1000 offres d'emploi actuellement diffusées par l'AP-HP concernent des établissements du Val-de-Marne.

Les secteurs et les métiers qui recrutent le plus en petite couronne

HAUTS-DE-SEINE

Top 5 des secteurs

1. Programmation et conseil informatique

2. Services généraux

3. Commerce de gros

4. Ingénierie informatique

5. Droit et comptabilité

Top 5 des métiers

1. Développement informatique

2. Support informatique

3. Vente

4. Ingénierie informatique

5. Contrôle de gestion

Source : Adecco Analytics

Taux de chômage au 3e trimestre 2020 : 7,3%

Evolution du taux de chômage en un an : +0,7%

Source : Insee

SEINE-SAINT-DENIS

Top 5 des secteurs

1. Action sociale

2. Services généraux

3. Médecine

4. Commerce de détail

5. Commerce de gros

Top 5 des métiers

1. Vente

2. Puériculture

3. Ressources humaines

4. Développement informatique

5. Mécanique

Source : Adecco Analytics

Taux de chômage au 3e trimestre 2020 : 12%

Evolution du taux de chômage en un an : +1,1%

Source : Insee

VAL-DE-MARNE

Top 5 des secteurs

1. Commerce de gros

2. Action sociale

3. Commerce de détail

4. Associations

5. Services généraux

Top 5 des métiers

1. Vente

2. Puériculture

3. Développement informatique

4. Magasinage

5. Ressources humaines

Source : Adecco Analytics

Taux de chômage au 3e trimestre 2020 : 8,4%

Evolution du taux de chômage en un an : +1%

Source : Insee

> Notre méthodologie

LE TÉMOIN. Aydson suit une formation d'aide-soignant financée par Korian

/LP/Benoit Hasse
/LP/Benoit Hasse  

Le cours de bio-nettoyage et stérilisation vient de se terminer. Mais Aydson Marlu reste dans la « salle de classe ». Logique. Covid-19 oblige, c'est depuis le salon de l'appartement familial de Fontenay-aux-Roses (Hauts-de-Seine) et derrière son ordinateur que le jeune homme de 23 ans a débuté sa formation d'aide-soignant. « Nous avons une journée par semaine dans un centre de formation, à Paris dans le XXe, pour les exercices, les mises en situation… Mais le reste de l'enseignement, pour l'instant, c'est à distance et sur écran », explique-t-il, impatient de passer à la pratique, en alternance, dans un établissement d'accueil pour personnes âgées.

Ce sera le cas, dès ce mois-ci à l'Ehpad Saint-Charles de Sceaux (Hauts-de-Seine). L'établissement est géré par le groupe de maisons de retraite Korian qui pourrait bien devenir l'employeur de l'apprenti aide-soignant à l'issue de son alternance. Aydson est en effet l'un des 19 élèves de la première promotion du CFA (centre de formation d'apprentis) des métiers du soin que Korian vient d'ouvrir à Paris.

Confronté à la pénurie de main-d'œuvre du secteur sanitaire et social, le géant de l'hébergement médicalisé des seniors a créé sa propre école de formation, comme la loi sur « l'avenir professionnel » le permet depuis 2018. Elle accueillera 200 apprentis dès cette année. Ils devraient tous être recrutés, une fois leur diplôme d'Etat en poche.

« Sauf accident, je suis sûr d'avoir un CDI, d'ici 18 mois », confirme Aydson. « Mais ce n'est pas ce qui m'a poussé à m'engager dans cette voie », poursuit le jeune homme, déjà titulaire d'un bac pro et d'un BTS sanitaire et social, en évoquant une « vocation. » « On présente souvent le métier d'aide-soignant comme un petit boulot sous-payé — on doit démarrer au smic, je crois — et peu attractif. Je ne le vois pas comme ça. Notre job, c'est de tout faire pour que les patients ou les résidents se sentent bien. C'est quand même pas mal, non ? »