Emploi en Corse : le secteur de l’énergie solaire recrute en 2021

Avec un prix divisé par quatre et une puissance multipliée par deux, l’énergie solaire crée des emplois sur l’île de Beauté, selon l’enquête du Parisien-Aujourd’hui en France.

AbonnésCet article est réservé aux abonnés.
 En Corse, une véritable économie a été construite autour de l’énergie solaire.
En Corse, une véritable économie a été construite autour de l’énergie solaire. LP/Pierre Santini

Etre la région la plus ensoleillée de France ne sert pas seulement à attirer les touristes. Avec près de 2900 heures de soleil par an, la Corse compte bien transformer ce cadeau de la nature en véritable richesse. Si la crise du Covid-19 a causé des ravages dans l'hôtellerie insulaire, la filière des énergies renouvelables, elle, s'avère en plein boom. « Nous n'avons pas de nucléaire en Corse, donc il faut du stockage. Et quoi de mieux que l'ensoleillement pour produire une énergie propre et verte? » C'est Didier Pierrat-Agostini, à la tête de Stepsol, qui pose la question. Sa start-up, basée dans la petite commune de Canari, a déjà reçu de nombreuses récompenses sur le plan international.

Son concept de station de transfert d'énergie par pompage se sert de deux bassins d'eau et du soleil pour fabriquer de l'électricité. Avec l'objectif d'installer des sites dans tous les villages reculés.

Dans ce domaine, à la fin des années 2000, la Corse a été envahie par les multinationales étrangères. Tous les grands groupes voulaient s'installer sur l'île. Pour produire et revendre. « Japonais, Espagnols, Allemands… Nous étions leur eldorado », confie Paul Antoniotti, le PDG de Corsica Sole, premier producteur d'énergie solaire sur l'île. Sa société, créée en 2010, compte aujourd'hui 50 employés. « Nous avons connu une forte croissance ces deux dernières années en remportant de nombreux appels d'offres. Il faut savoir que lorsqu'on installe un mégaWatt de solaire, c'est un emploi créé automatiquement. Le calcul est vite fait. »

Un vivier universitaire local

Pour former son équipe, l'entreprise a puisé dans le vivier local. « Grâce à l'université de Corte et son école d'ingénieurs Paoli Tech, nous avons toutes les compétences sur place. La moitié de nos employés sort de cette filière. Avec une moyenne d'âge qui ne dépasse pas les 30 ans. »

Corsica Sole, comme d'autres acteurs du solaire, va encore générer des dizaines d'emplois en 2021. Directs ou indirects. Mais toujours avec cette philosophie de privilégier les locaux. « Nous sous-traitons la maintenance, le nettoyage, la sécurité à des boîtes locales. Le succès du photovoltaïque doit profiter au plus grand nombre », poursuit le patron.

Après avoir longtemps supporté l'étiquette de l'île « tout tourisme », la Corse aimerait bien se coller celle du « tout soleil ».

Les secteurs et les métiers qui recrutent le plus en Corse

Top 5 des secteurs

1. Commerce de détail

2. Construction

3. Commerce de gros

4. Restauration

5. Immobilier

Top 5 des métiers

1. Médecine

2. Magasinage

3. Conduite de machine

4. Puériculture

5. Gros œuvre du bâtiment

Source : Adecco Analytics

Taux de chômage au 3e trimestre 2020 : 9,2%

Evolution du taux de chômage en un an : + 1,4%

Source : Insee

> Notre méthodologie

LE TÉMOIN. Pour Damien, «travailler sur mon île, ça n'a pas de prix»

/LP/P.S.
/LP/P.S.  

A 21 ans, Damien Casanova boucle ses études en école d'ingénieur. Un parcours construit entre l'île et le continent. Loin d'être programmé au départ. « J'avais prévu de m'engager dans la gendarmerie, dans les secours en montagne. Mais j'ai été déclaré inapte en raison de problèmes d'audition. A cette époque, des amis rentraient en licence pro énergie renouvelable à la fac de Corte, alors j'ai décidé de m'inscrire au dernier moment… »

Newsletter L'essentiel du matin
Un tour de l'actualité pour commencer la journée
Toutes les newsletters

Un choix, presque en urgence, que Damien ne regrette pas : « Les énergies renouvelables, l'hydroélectricité, la liaison énergétique. C'est passionnant. En Corse, il y a un vrai savoir-faire autour de l'énergie solaire. Et puis le soleil c'est l'avenir, pour l'instant il est gratuit, autant en profiter pour le développer. »

Passé chez le géant General Electric, Damien avait trouvé un poste à Belfort. Mais il a été rattrapé entre-temps. « Stepsol, que j'avais connu lors d'un stage, m'a recontacté pour me proposer un emploi. Je n'ai pas hésité une seconde. Honnêtement, je pensais qu'avec ma formation d'ingénieur hydraulique, je ne trouverai pas d'emploi adapté sur l'île. Je me voyais bosser dans les Alpes, dans des barrages de montagne. Mais grâce à Stepsol je peux rentrer chez moi. »

Damien possède un contrat d'alternance avec l'entreprise qui se transformera en CDI dès l'obtention de son diplôme au mois de septembre. « A Paris, j'aurais eu un meilleur salaire. Mais pouvoir travailler chez moi, construire des projets pour développer mon île, ça n'a pas de prix. »