Emploi en Bretagne en 2021 : opérateurs, ingénieurs... embauches en vue dans le numérique

La Bretagne demeure une région moins touchée par la crise. Plan de relance, projets dans l’éolien marin ou 5G sont autant de promesses d’emploi, selon l’enquête du Parisien-Aujourd’hui en France.

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 L’horizon se dégage dans le numérique avec, selon Pôle emploi Bretagne, plus de 1200 offres disponibles à des postes d’opérateurs informatique, d’ingénieurs ou de techniciens.
L’horizon se dégage dans le numérique avec, selon Pôle emploi Bretagne, plus de 1200 offres disponibles à des postes d’opérateurs informatique, d’ingénieurs ou de techniciens. LP/Arnaud Journois

Même si le niveau de l'emploi salarié en Bretagne n'a pas encore retrouvé celui d'avant-crise avec 20 500 créations nettes au troisième trimestre 2020, « le recul observé depuis fin 2019 est le moins important des régions métropolitaines », souligne l'Insee dans une récente étude.

Un rebond porté, selon François Barreau, directeur des relations institutionnelles de la Chambre de commerce et d'industrie Bretagne (CCI), par l'intérim. « Les chefs d'entreprise, explique-t-il, un peu dans le brouillard, peinent à s'engager sur le long terme. »

« Mais le moral reste positif », poursuit ce dernier, et « les dirigeants bretons laissent entrevoir des perspectives plutôt encourageantes au regard de la situation », communique la CCI dans une étude menée en décembre, avec un indice de confiance des chefs d'entreprise de 5,3 sur 10.

Construction et industrie en pleine relance

« Certains secteurs, comme la construction ou l'industrie, sont en capacité de relancer leur activité », explique François Barreau. Avec embauches à la clé. Bridor, qui opère dans les boulangeries industrielles, ouvre par exemple 500 postes pour sa nouvelle usine de production au nord de Rennes (Ille-et-Vilaine), Naval Group 200 postes dans la mécanique et la métallurgie…

Le vent est aussi porteur du côté des éoliennes marines, avec le parc prévu au large de la baie de Saint-Brieuc (Côtes-d'Armor). « Les travaux ont démarré à Brest pour la partie construction. Cela représente plus de 250 emplois cette année », se réjouit François Barreau.

Dans le transport et la logistique, Pôle emploi recense plus de 2200 offres, dont des agents d'exploitation, conducteurs de véhicules… La région peut notamment compter sur la nouvelle plate-forme d'Amazon, près de Quimper (Finistère), et les 350 emplois qu'elle va engendrer. Avec son agence de tri située au Rheu (Ille-et-Vilaine), Mondial Relay envisage aussi des embauches tandis que la Poste recherche plus de 300 personnes.

La liste continue : « Des entreprises lauréates du plan France Relance ont aussi annoncé des recrutements », ajoute François Barreau, dont JH Industrie (menuiserie et funéraire), dans le Morbihan, ou Cristalens industrie (matériel médico-chirurgical), dans les Côtes-d'Armor.

Perspectives à Lannion, fief historique des télécoms

L'horizon se dégage aussi dans le numérique avec, selon Pôle emploi Bretagne, plus de 1200 offres disponibles à des postes d'opérateurs informatique, d'ingénieurs ou de techniciens. A Lannion (Côtes-d'Armor), berceau historique des télécoms durement touché l'année dernière par le vaste plan social de Nokia, le secteur retrouve un peu de couleurs grâce aux ambitieux projets de l'Institut de recherche technologique b<>com. Aidé par l'État à hauteur de 30 millions d'euros sur sept ans, ce laboratoire de plus de 300 personnes lance 80 recrutements, à Lannion majoritairement.

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Le fournisseur de technologies pour les entreprises 4.0 qui souhaitent accélérer leur compétitivité grâce au numérique dans les domaines de l'image, du son, l'intelligence artificielle et la cybersécurité, mise désormais sur la 5G privée et « même la 6G d'ici 2030 », explique Bertrand Guilbaud, son directeur général. Synonymes de transfert d'une plus grande quantité de données, et de connexions ultrafiables, la 5G et ses technologies associées vont par exemple pouvoir équiper des salles de chirurgie sans fil, avec une qualité d'images excellente impossible avec la Wi-Fi. Par ailleurs, elle permet de sécuriser réseaux et énergies mixtes en facilitant l'alternance entre renouvelable et nucléaire sur un même site. Confidentielles, ses premières solutions, en cours d'expérimentation, devraient être commercialisées dès cette année.

Pas étonnant que les profils recherchés soient très qualifiés, minimum bac + 4, junior et expérimentés : architecte logiciel, développeur opérationnel, responsable de projet, mais aussi des talents pour renforcer les équipes marketing, vente et les fonctions support ressources humaines, finance… Le salaire proposé pour un junior, titulaire d'un doctorat, est de 32 000 euros brut par an.

Les secteurs et les métiers qui recrutent en Bretagne

Top 5 des secteurs

1. Commerce de détail

2. Action sociale

3. Commerce de gros

4. Services généraux

5. Construction

Top 5 des métiers

1. Mécanique

2. Magasinage

3. Vente

4. Développement informatique

5. Secrétariat

Source : Adecco Analytics

Taux de chômage au 3e trimestre 2020 : 7,5%

Evolution du taux de chômage en un an : +0,8%

Source : Insee

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LA PÉPITE. Alu Confort forme ses poseurs de vérandas

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Pour supporter la montée en puissance de son carnet de commandes, Alu Confort, fabricant de vérandas à Lanvollon (Côtes-d'Armor), a besoin d'augmenter ses effectifs en 2021 et cherche plus particulièrement des poseurs. « Savoir installer une véranda est un métier très spécifique, bien différent de la fabrication », explique Sébastien Sergeant, le directeur général de cette PME dans laquelle il travaille depuis dix ans et qu'il vient de reprendre.

Or, ce métier d'extérieur attire peu. Et le CFA de Plérin a beau dispenser une formation adéquate de menuiserie aluminium-verre, il manque souvent de candidats. La PME bretonne (près de 4 millions d'euros de chiffre d'affaires et 30 salariés) a donc pris les devants et forme elle-même ses poseurs. « C'est un long parcours pour eux et pour moi », raconte le chef d'entreprise de 42 ans, qui a décidé de le diviser en quatre étapes.

D'abord, le stage d'immersion de deux à trois semaines, financé par Pôle emploi. S'il est concluant, le candidat embraye avec un CDD de deux ou quatre mois, à 1600 euros brut mensuels. Nouveau bilan à son issue avec, souvent, un deuxième CDD plus long qui débouchera la plupart du temps sur un CDI doté d'un salaire de 2000 euros.

« Il faut environ un an pour tester le métier », résume Sébastien Sergeant dont les cinq derniers poseurs, sur les huit en CDI, ont été formés selon ce schéma. Tout en sachant que deux à trois années au total sont nécessaires pour une totale maîtrise du métier. « Le jeune candidat, âgé de 20 ans à 30 ans, alterne son temps avec nos quatre poseurs responsables d'équipe », détaille-t-il. Cette formation sur le terrain s'appuie sur le partage d'expérience, pas à pas. « Si la véranda est mal posée, poursuit le patron, le client appelle tout de suite et on analyse le problème tous ensemble. »

Sébastien Sergeant n'exclut toutefois pas d'apporter une partie un peu plus théorique à sa formation maison, même si, selon lui, « c'est plus compliqué de vouloir formaliser les choses à l'échelle d'une PME ».