Emploi en Bourgogne-France-Comté : 1000 créations de postes dans le nucléaire en 2021

Appuyée par de nouveaux projets, la filière reste primordiale dans une région toujours en pointe sur le secteur de l’industrie, selon l’enquête du Parisien-Aujourd’hui en France.

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 Le site historique de Framatome au Creusot héberge la première forge d’Europe, avec une presse de 9000 t.
Le site historique de Framatome au Creusot héberge la première forge d’Europe, avec une presse de 9000 t. LP/Alain Bollery

Région fortement industrielle, la Bourgogne-Franche-Comté avait tout à craindre des conséquences de la pandémie de Covid-19. Non seulement elles ont été contenues – avec tout de même une baisse moyenne de 10 % du chiffre d'affaires des entreprises du secteur –, mais surtout les perspectives pour 2021 sont séduisantes. A commencer par les 800 à 1000 créations d'emplois annoncées par Framatome. L'autorité de sûreté du nucléaire lui a renouvelé sa confiance, en validant les process de fabrication et de contrôles réalisés depuis plusieurs trimestres.

Mais surtout, le président de la République, en visite au Creusot le 8 décembre dernier, a redonné des perspectives à 30 ans en misant sur le nucléaire civil pour l'indépendance énergétique et sur le nucléaire de défense en annonçant un nouveau porte-avions. C'est toute la filière qui s'est ainsi trouvée confortée. Framatome a donc annoncé, en janvier, des recrutements massifs, dont près de 350 pour le seul département de la Saône-et-Loire. L'essentiel, à savoir 224 nouveaux collaborateurs, pour la branche services à Chalon-sur-Saône, qui intervient dans les centrales nucléaires. Tout près, à Saint-Marcel, seront recrutés 80 nouveaux collaborateurs.

Le site historique de Framatome au Creusot, où se trouve la première forge d'Europe, avec une presse de 9000 t, n'est pas en reste avec une quarantaine de recrutements. « Cela concerne tous les métiers. Des soudeurs de haute précision, des tourneurs, des chaudronniers, des chefs de projets, jusqu'aux ingénieurs », souligne Laurent Gless, le directeur du site. « Nous avons aussi beaucoup de nouveaux emplois à créer dans les contrôles non destructifs », ajoute-t-il. Soit à l'industrie ce que les contrôles sanitaires sont à l'agroalimentaire !

Mais aussi l'agroalimentaire et l'automobile

La bonne santé du nucléaire, qui pèse pour 9500 emplois directs et indirects en Bourgogne-Franche-Comté, avec 4 années de charge de travail, est emblématique de ce que vit la région dans d'autres filières industrielles. Au final, dans ce domaine, « nous sommes dans le tiercé de tête des régions françaises », se félicite Jean-Claude Lagrange, vice-président du Conseil régional, en charge de l'économie.

Car si les dossiers de restructuration de GE à Belfort et de SKF à Avallon sont des épines, « les bonnes nouvelles sont plus importantes, poursuit-il. Une nouvelle entreprise de l'agroalimentaire (NDLR : dont le nom n'est pas encore rendu public), va déjà créer 60 emplois à l'horizon de la fin d'année et du début 2022 à Châlon. »

Dans le bassin de Belfort, « la filière hydrogène, sur laquelle nous sommes en pointe, va générer près de 200 emplois », souligne l'élu, avant d'énumérer les annonces. Dans le Jura, Emco, spécialiste des revêtements de sols, va relocaliser son siège qui était en Allemagne et compte se développer.

A Besançon (Doubs), l'équipementier automobile Antolin va créer 100 emplois. Le groupe Savoy, spécialisé dans la logistique industrielle à Dijon (Côte-d'Or), doit aussi enclencher plusieurs dizaines de recrutements.

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Enfin, à Mâcon (Saône-et-Loire), la maroquinerie de luxe Thomas doit créer plus de 200 emplois en deux ans.

Les secteurs et les métiers qui recrutent le plus en Bourgogne-France-Comté

Top 5 des secteurs

1. Commerce de détail

2. Action sociale

3. Commerce de gros

4. Associations

5. Services généraux

Top 5 des métiers

1. Mécanique

2. Magasinage

3. Vente

4. Puériculture

5. Services à domicile

Source : Adecco Analytics

Taux de chômage au 3e trimestre 2020 : 7,8%

Evolution du taux de chômage en un an : +0,4%

Source : Insee

> Notre méthodologie

LE TÉMOIN. Maxime, 19 ans, en route pour une centrale nucléaire

Le jeune homme apprend plusieurs métiers, de la maintenance d’une centrale nucléaire jusqu’à son démantèlement. /LP/A.B.
Le jeune homme apprend plusieurs métiers, de la maintenance d’une centrale nucléaire jusqu’à son démantèlement. /LP/A.B.  

Après un bac pro, Maxime Bernard a intégré la première année du BTS Environnement nucléaire au Creusot. « J'ai vraiment envie d'aller travailler dans une centrale, ou bien de participer à un démantèlement », explique-t-il. Pourquoi ? « Quand j'ai passé mon bac, je ne savais pas trop… Et puis j'ai effectué deux stages, trois mois au total, à la centrale nucléaire de Saint-Laurent des Eaux. J'ai adoré. Je n'avais pas imaginé que ça serait aussi carré en termes d'organisation. Les protocoles sont nombreux et il faut les respecter à la lettre. Contrairement à ce que de l'extérieur on pourrait penser, ce n'est pas un environnement dangereux, tout est maîtrisé. »

Au lycée, Maxime apprend les bases de plusieurs métiers. De la maintenance d'une centrale jusqu'à son démantèlement. Et ne s'interdit rien. « Démanteler pour en construire une autre, c'est quelque chose qui me dit bien. Pour beaucoup, le nucléaire c'est Tchernobyl. Mais quand j'explique à mes copains du foot ce que c'est vraiment, ils ont moins peur… »

Il n'aura aucun problème pour trouver un emploi. « On reçoit bien plus d'offres qu'on a de jeunes diplômés », assure Gérard Marey, enseignant spécialisé. Il souligne que plus de 70 % des étudiants poursuivent en licence professionnelle. Et même jusqu'au Master 2. « Nos jeunes peuvent aussi bien travailler en centrale en activité qu'être programmateurs de chantiers de démantèlement, détaille-t-il. Et les salaires sont attractifs : jusqu'à + 30 % qu'ailleurs à diplôme équivalent ».