Emploi en 2021 : la France reste attractive pour les investisseurs étrangers

Lentement mais sûrement, la France avait conquis la place convoitée de destination européenne la plus attractive. Le Covid-19 est venu chambouler les projets des investisseurs, mais Paris conserve des atouts pour se maintenir sur la première marche du podium.

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 Malgré une conjoncture incertaine à cause de la pandémie, de nombreux chefs d’entreprise restent optimistes pour 2021.
Malgré une conjoncture incertaine à cause de la pandémie, de nombreux chefs d’entreprise restent optimistes pour 2021. LP/Arnaud Journois

2021, année de tous les dangers? Beaucoup d'investissements étrangers – essentiels au dynamisme du marché de l'emploi –, ont été gelés l'an passé, pandémie de Covid-19 oblige. Dommage, car la France se taillait la part du lion. En 2020, l'Hexagone aurait même dû s'afficher en tête des destinations européennes les plus attractives.

Avant le Covid, 1197 projets d'investissements étrangers étaient prévus dans le baromètre du cabinet d'audit EY, soit 17 % de hausse par rapport à 2019. Cette année, il faudra donc capter à nouveau cette manne. Les pessimistes voient plusieurs ombres au tableau. Notamment le récent veto posé par Bercy au rapprochement proposé par le canadien Couche-Tard avec Carrefour, qui brouille l'image « pro-business » de la France dont le président de la République a pourtant fait son cheval de bataille.

Le ministère de l'Économie, lui, assume sans s'inquiéter. « Nous sommes la première destination européenne en matière d'investissements étrangers et nous comptons le rester, mais pas en faisant n'importe quoi », confie un proche de Bruno Le Maire, le ministre de l'Économie.

C'est peu ou prou le message porté récemment par Emmanuel Macron devant une centaine de patrons étrangers. Le sommet « Choose France », organisé depuis 2017 au château de Versailles, a été reporté au profit d'une visioconférence. « Une bonne option, estime Marc Lhermitte, directeur associé chez EY. Qui permet de conserver ce précieux créneau – la veille du forum de Davos, la grand-messe du monde des affaires – dont tous nos voisins sont jaloux. »

«Les mesures du plan de relance sont très bien reçues»

Les optimistes, de leur côté, mettent en avant les changements structurels des dernières années, comme les réformes du marché du travail et de la fiscalité. Ou encore « les mesures du plan de relance, très bien reçues car interprétées comme un plan de soutien à l'offre ( NDLR : les entreprises) et de transformation à moyen terme », souligne Marc Lhermitte.

Enfin la conjoncture, incertaine à cause de la pandémie, est néanmoins favorable à la France à l'aune du Brexit, qui défavorise le Royaume-Uni, son principal rival avec l'Allemagne. Dans le récent « tableau de bord de l'attractivité 2020 » publié par Business France, l'agence au service de l'internationalisation de l'économie, l'Hexagone conserve ainsi sa première place sur le Vieux Continent, tant en matière d'accueil des activités de R&D que d'investissements industriels.

Ces résultats témoignent de la confiance des chefs d'entreprises étrangers « qui perçoivent désormais notre pays comme un territoire innovant, stable et engageant des réformes pour préparer l'avenir », se félicite Christophe Lecourtier, son directeur général.

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Prudence néanmoins, le flou lié au Covid est immense. « Nous sommes très loin d'avoir une idée précise de ce que sera le sort de la France, lâche Marc Lhermitte. Nous y verrons plus clair dans deux à trois mois. »