Covid-19 : laboratoires et pharmacies recrutent massivement des étudiants pour réaliser les tests

Les offres de missions de quelques heures à plusieurs jours se multiplient pour épauler un personnel débordé.

 Avec l’accélération de l’épidémie et la montée en puissance de tests, laboratoires et pharmaciens manquent de bras.
Avec l’accélération de l’épidémie et la montée en puissance de tests, laboratoires et pharmaciens manquent de bras. LP/Aurélie Ladet

Le laboratoire Biogroup d'Argenteuil (Val-d'Oise) ne désemplit pas. Des habitants du quartier se pressent, les uns derrière les autres, pour réaliser un test PCR et savoir s'ils sont positifs au Covid-19. Depuis la rentrée, une poignée d'étudiants est venue prêter main-forte au personnel débordé. A l'image d'Andy, 19 ans, étudiant en deuxième année de médecine, qui introduit des écouvillons dans les narines des patients depuis trois semaines : « Un ami m'a parlé de ces nouvelles missions qui se développent avec le coronavirus, explique-t-il. C'est bien payé, environ 20 euros de l'heure, et cohérent avec mes études. Et, dans le contexte actuel, j'ai le sentiment d'être utile. »

Depuis quelques semaines, les laboratoires d'analyses médicales et les pharmacies s'arrachent les étudiants en médecine, en pharmacie et en odontologie qui ont déjà validé leur première année. Les offres de missions (souvent de quelques heures, plusieurs jours par semaine) sont de plus en plus nombreuses, tant la demande progresse. Sur le site leader en France des missions ponctuelles, StaffMe, plus de 200 annonces sont actuellement disponibles, rien qu'en Ile-de-France.

«L'appel d'air pour les étudiants est énorme !»

« La demande a explosé : au printemps, on testait assez peu. Mais désormais, un million de tests sont faits chaque semaine et les laboratoires manquent de main-d'œuvre, assure Jean-Baptiste Achard, directeur général de StaffMe. A présent, ce sont les pharmacies (qui peuvent réaliser des tests antigéniques ) qui doivent à leur tour trouver des professionnels. L'appel d'air pour les étudiants est énorme! »

Philippine en a bénéficié en octobre. Etudiante en sixième année de médecine, cette Parisienne de 24 ans a travaillé quelques jours dans un laboratoire près de la place de Clichy. « Il tournait quasiment exclusivement avec des étudiants, raconte-t-elle. Même le manager était un étudiant en médecine. Avec la reprise des cours, en novembre, cela sera plus compliqué de trouver des étudiants disponibles… »

Anton continuera quant à lui d'enchaîner les heures dans un laboratoire de banlieue. « Je n'ai pas vraiment le choix, financièrement, et c'est bien mieux payé qu'être caissier ou préparateur de commandes, glisse ce carabin. Après, il est certain qu'avec la deuxième vague, les labos et les pharmacies vont rechercher désespérément des étudiants pour pouvoir accueillir les patients. »