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Confinement : des étudiants réclament un remboursement de leurs frais de scolarité

Une pétition en ligne a recueilli plus de 20 000 signatures d’élèves d’écoles de commerce. Ils demandent être remboursés partiellement en raison de la crise du Covid-19, qui contraint à l’enseignement à distance.

 Le mouvement pour appeler au remboursement partiel des frais de scolarité est d’abord parti d’élèves de la TBS Business School à Toulouse (Haute-Garonne).
Le mouvement pour appeler au remboursement partiel des frais de scolarité est d’abord parti d’élèves de la TBS Business School à Toulouse (Haute-Garonne). REA/Lydie Lecarpentier

« Je suis ruinée, rendez l'argent! » Plus de 21 000 étudiants, issus de la myriade d'écoles de commerce réparties dans toute la France ont signé et commenté une pétition en ligne reprenant l'initiative lancée fin octobre par des élèves de la Toulouse-Business-School. Et la colère gronde chaque jour un peu plus. Originaires de Paris, Lyon, Grenoble, Bordeaux, ils dénoncent en chœur des cours à distance « de moins bonne qualité » qu'ils continuent pourtant de financer à prix d'or.

Alors que les jeunes subissent de plein fouet les conséquences économiques de la crise du Covid-19, les signataires disent devoir s'acquitter de sommes qui peuvent dépasser les 10 000 euros par an. Ils réclament d'urgence « un remboursement partiel des frais de scolarité », dont ils dénoncent par ailleurs une « incessante hausse ».

«La majorité des élèves ont contracté des prêts»

Signe que le mouvement prend de l'ampleur, plusieurs centaines de nouvelles signatures sont apparues en ligne entre mercredi et ce jeudi 26 novembre, et plus de 5000 commentaires accompagnent la publication. Le texte, qui interpelle la ministre de l'Enseignement supérieur Frédérique Vidal ainsi que les directions des écoles de commerce, souligne que « la majorité des élèves ont contracté des prêts pour financer l'école qu'ils rêvaient d'intégrer pour qu'au final cette dernière ne leur propose pas les cours de la manière qui était prévue ».

Il rappelle également que dans le même temps, cours à distance oblige, des loyers d'appartements à proximité des lieux d'étude sont payés « pour rien ». Parmi les signataires, Anne, estime que « payer 7000 euros pour trois mois et demi en distanciel à Kedge Bordeaux, c'est beaucoup trop élevé ». Sur le même registre, Jade, étudiante à EDC Paris Business School, trouve « scandaleux de payer autant surtout pour des cours à distance ». Quant à Hubert, il s'exclame : « Sérieusement, 14 000 euros, je trouve ça trop, sachant qu'il serait préférable étant donné la situation de mettre de l'argent de côté. »

«Un geste financier»

Parfois, ce sont des parents également en difficulté financière qui interpellent la direction des écoles sur le montant d'une facture qu'ils finissent bien souvent par régler. « Les faits exposés sont clairs, martèle ainsi Michel. Les frais de scolarité sont les mêmes, alors que nos enfants suivent les cours en distanciel. Ce qui a déjà été le cas en mars - avril. Et cela recommence, il serait donc juste qu'un geste financier soit fait. »

Malgré cette levée de boucliers, la Conférence des grandes écoles (CGE) a fait savoir dans un communiqué qu'aucun remboursement n'est envisagé. Contacté à ce sujet, le ministère de l'Enseignement supérieur ne nous a pas répondu.