Dieselgate : l’ancien patron d’Audi jugé pour fraude

Cinq ans après la révélation du vaste scandale des moteurs diesel truqués, Rupert Stadler, l’ancien PDG d’Audi, filiale de Volkswagen est jugé ce mercredi pour « fraude » et « faux certificats » dans son pays.

 Le procès doit se tenir jusqu’en décembre 2022.
Le procès doit se tenir jusqu’en décembre 2022. AFP

C'est la première fois en Allemagne qu'un patron d'une marque appartenant à Volkswagen comparait devant les juges de Munich pour « fraude », « émission de faux certificats » et « publicité mensongère ».

Rupert Stadler, l'ancien PDG d'Audi comparaît aux côtés d'un ancien directeur d'Audi et de Porsche Wolfgang Hatz mais aussi deux ingénieurs de la marque aux quatre anneaux. Au terme d'un procès au long cours qui doit durer jusqu'en décembre 2022, le patron d'Audi risque jusqu' à dix ans de prison.

Pour rappel, en 2015, le géant de l'automobile Volkswagen a reconnu avoir installé dans 11 millions de véhicules dans le monde des dispositifs les faisant apparaître moins polluants lors des tests en laboratoire qu'ils ne le sont en réalité.

Or, à l'époque, les enquêteurs en Allemagne se sont concentrés sur la marque aux anneaux qui était chargée à l'époque du développement des moteurs pour l'ensemble du groupe. Le parquet l'accuse d'avoir été au courant des manipulations vers la fin du mois de septembre 2015 « au plus tard », sans avoir pour autant empêché la vente de centaines de milliers de véhicules dotés du logiciel tricheur.

L'ancien patron du groupe Volkswagen attend toujours son procès

Ses trois co-prévenus sont eux accusés d'avoir développé les moteurs diesel équipés de ce système, installé dans des véhicules depuis 2009. Des accusations que Rupert Stadler nie en bloc.

Entré chez la marque aux anneaux en 1990 et PDG à partir de 2007, Rupert Stadler avait été en juin 2018 le premier dirigeant de l'automobile placé en détention provisoire dans ce dossier. Avant d'être remis en liberté, il avait été soupçonné par la justice de chercher à influencer des témoins ou d'autres suspects.

En attendant, ce procès va être regardé avec attention. L'ancien patron du groupe Volkswagen, Martin Winterkorn, attend le sien, dont la date n'a pas encore été fixée.

Mais surtout depuis le début de cette affaire, Volkswagen a toujours tenté d'éviter des procès. Le constructeur a préféré payer 750 millions d'euros pour indemniser 240 000 clients aux Etats-Unis. Idem pour l'actuel PDG du groupe, Herbert Diess et le président du conseil de surveillance, Hans Dieter Pötsch ont l'an passé évité un procès, moyennant une transaction financière de 9 millions d'euros, en vertu d'un accord avec la justice.