Des Pyrénéens pour l'eau de Quézac

Après deux ans de psychodrames entre repreneurs hypothétiques et syndicalistes, l'ex-propriété du groupe mondial Nestlé Waters a été reprise par le groupe familial Ogeu.

Quézac (Lozère), le 12 janvier. Jean-Hervé Chassaigne (à g.), président du groupe Ogeu qui vient d’acheter l’eau thermale Quézac,et Christophe Labes, directeur du marketing, découvrent le village.
Quézac (Lozère), le 12 janvier. Jean-Hervé Chassaigne (à g.), président du groupe Ogeu qui vient d’acheter l’eau thermale Quézac,et Christophe Labes, directeur du marketing, découvrent le village. TopSud

Avec enthousiasme, Jean-Hervé Chassaigne, président d'Ogeu, et Christophe Labes, directeur du marketing, ont découvert jeudi, peu après midi, le décor exceptionnel du village de Quézac (Lozère), 350 habitants, dans les gorges du Tarn. A deux kilomètres se trouve l'usine d'embouteillage, dont le groupe familial pyrénéen Ogeu est devenu propriétaire. Ils ont adoré le patrimoine préservé et l'église collégiale Notre-Dame, du XIV e siècle, toute proche de la source d'eau thermale gazeuse.

Le réalisateur britannique Ridley Scott en avait signé, en 1996, un spot publicitaire encore très présent dans l'imaginaire des Français : des éléments déchaînés surgissait la pureté absolue, une petite fille portant deux bouteilles de Quézac, pour conter cette légende, « qué s'appelorio Quézac ».

« Cette pub est devenue iconique. Elle a marqué les esprits et elle nourrit toujours l'image de la marque, même sans plan marketing. Nous allons à nouveau communiquer sur Quézac. Nous allons continuer à raconter cette histoire et mettre en avant la pureté incroyable de la montagne lozérienne. Aujourd'hui, les consommateurs ont besoin de savoir d'où viennent les produits », explique Jean Hervé Chassaigne, président d'Ogeu, qui exploite déjà 4 marques (Ogeu, Plancoët, Beaupré, Chevreuse).

Des partenaires locaux séduits

En deux mois à peine, les « Pyrénéens » ont séduit les partenaires locaux, y compris la CGT, après deux tentatives avortées de vente de cette propriété du groupe mondial Nestlé Waters et deux ans de psychodrames entre repreneurs hypothétiques et syndicalistes. « On n'a pas eu à hausser la voix. On s'est mis d'accord sur les salaires et sur les effectifs. Pas de baisse et pas de licenciements économiques dans les trois prochaines années », raconte Franck Meyrueix, délégué syndical CGT, satisfait. Et vigilant.

« C'est rassurant. C'est surtout la fin d'un cauchemar et des incertitudes », estime Flore Thérond, maire Front de gauche de Quézac. « Il y a les employés de la source mais aussi les entreprises sous-traitantes, dont une société de transport qui achemine les bouteilles », poursuit Michel Vieilledent, maire d'Ispagnac. « Tout le monde est ravi. Vraiment ravi. C'est une merveilleuse image pour nos villages », ajoutent Laurent et Leïla, du restaurant Gagneton.

Une petite bouteille de 50 cl est annoncée avec un investissement de 3 MEUR pour moderniser la chaîne et acquérir un « bloc combiné » moderne et robotisé. Jean-Hervé Chassaigne ne cache pas qu'il faudra réorganiser le travail à l'usine, mais dans un second temps. Quézac, source hautement minéralisée, produit aujourd'hui 70 millions de bouteilles par an. Elle peut fournir, selon les spécialistes, 90 millions de bouteilles, mais pas au-delà. C'est sans doute ce qui avait conduit Nestlé Waters à abandonner la légende « qué s'appelorio Quézac ».